Les Sang et Or ont dominé une vaillante équipe de Nice (3-1) pour décrocher la première Coupe de France de leur histoire.
Il aura fallu attendre plus d’un siècle. Ce vendredi 22 mai 2026, au Stade de France, le RC Lens a enfin écrit la page qui manquait à son livre d’histoire. En venant à bout d’une accrocheuse équipe de Nice (3-1), les Artésiens ont remporté la première Coupe de France de leur existence, eux qui patientaient depuis 118 ans. Une délivrance immense pour tout un peuple, et le couronnement parfait d’une saison déjà exceptionnelle. Le genre de soirée que les supporters lensois raconteront longtemps.
Un début de match à sens unique
Sur le papier, le déséquilibre semblait net. D’un côté, un RC Lens dauphin du PSG en championnat, lancé comme une fusée. De l’autre, une équipe niçoise encore plongée dans la lutte pour son maintien en Ligue 1. Logiquement, les hommes de Pierre Sage ont pris les commandes de la rencontre dès les premières minutes.
La récompense est arrivée à la 25e minute. Sur un centre de Matthieu Udol, Florian Thauvin a surgi avant Boudaoui pour ajuster le gardien niçois d’une frappe croisée du plus bel effet. Le champion du monde 2018 confirmait son retour au premier plan en lançant les siens sur orbite.
Édouard double la mise, mais Nice ne lâche rien
Avant la pause, les Sang et Or ont fait le break. À la 42e minute, sur un corner botté par Thauvin, Odsonne Édouard s’est élevé pour couper la trajectoire de la tête et tromper le portier des Aiglons. Deux buts d’avance, et la sensation, dans les tribunes, qu’un sacre se dessinait enfin.
Un petit geste, un grand changement. Car Nice n’a pas sombré. Dans les ultimes secondes de la première période, les Azuréens ont réduit l’écart, eux aussi sur un corner, grâce à Coulibaly. Un but qui changeait tout : il relançait totalement le suspense et donnait aux Niçois les arguments pour y croire.
Une seconde période sous tension
Galvanisés par cette réduction du score, les Aiglons ont totalement inversé le rapport de force au retour des vestiaires. Pendant de longues minutes, c’est Lens qui a subi, multipliant les frayeurs devant son but. Antoine Mendy a même trouvé la barre transversale du gardien lensois Risser à la 61e minute.
Le scénario d’un retournement complet planait sur le Stade de France. Mais dans ces moments-là, les grandes équipes savent serrer les rangs. Lens a tenu, résisté, puis fini par porter l’estocade.
Sima libère tout un peuple
Le coup de grâce est tombé à la 78e minute. D’un tacle rageur au cœur de la surface niçoise, Abdallah Sima a inscrit le troisième but lensois et définitivement scellé le sort de la finale. Le Stade de France, envahi par une marée Sang et Or, a alors basculé dans une liesse incontrôlable.
Avec environ 50 000 supporters lensois présents dans l’enceinte, l’ambiance avait des allures de Bollaert délocalisé. Au coup de sifflet final, l’émotion était immense pour un club qui n’avait jamais soulevé ce trophée en plus d’un siècle d’existence.
Le sommet d’une saison de rêve
Cette Coupe de France vient parachever une saison déjà remarquable. Deuxièmes de Ligue 1 derrière un PSG intouchable, les hommes de Pierre Sage ont déjoué tous les pronostics tout au long de l’exercice. Le trophée national constitue la plus belle des cerises sur un gâteau déjà copieux.
Conséquence directe de ce sacre : Lens étant déjà qualifié pour la Ligue des champions, le billet européen normalement attribué au vainqueur de la coupe est redistribué. La place en Ligue Europa revient au sixième de Ligue 1, le Stade Rennais, tandis que Monaco, septième, hérite d’un ticket pour la Ligue Conférence.
Pour Nice, la désillusion et un barrage à négocier
De l’autre côté, l’amertume domine. Les Aiglons, qui visaient une première Coupe de France depuis 1997, ont livré une prestation courageuse mais repartent les mains vides. Et le calendrier ne leur laisse aucun répit pour digérer.
Dès mardi soir, Nice devra disputer un barrage périlleux face à l’AS Saint-Étienne pour préserver sa place en Ligue 1. Une double confrontation à très haut risque, qui place les Azuréens sous une pression maximale. La déception de cette finale devra vite être évacuée, sous peine de voir la saison virer au cauchemar.
Une émotion qui dépassait le terrain
A la 86ème minute, le Stade de France a connu un moment de recueillement particulier. Les flashs des téléphones se sont allumés dans les tribunes en hommage aux 86 victimes de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016. Un instant suspendu, rappelant que le football sait aussi rassembler autour de la mémoire.
Mais la soirée appartenait au RC Lens. À ses joueurs, à son staff, et surtout à ses supporters, fidèles à travers les époques fastes comme les années sombres. Après 120 ans d’attente, le club artésien tient enfin sa Coupe de France. Et dans le bassin minier, la fête promet d’être longue.