Cinq jours seulement après avoir sauvé le club, l’entraîneur a été écarté. La direction bourguignonne avance déjà sur sa succession.
Voilà une décision qui restera comme l’une des plus surprenantes de la saison. Cinq jours. C’est le temps qu’il aura fallu à l’AJ Auxerre pour passer du soulagement du maintien au limogeage de son entraîneur. Christophe Pélissier, artisan d’une fin de saison miraculeuse, a été démis de ses fonctions ce vendredi 22 mai 2026. Une rupture qui a provoqué l’incompréhension des supporters, mais que la direction assume pleinement. Au point de chercher déjà activement son successeur. Quatre noms se détachent. Et le choix sera déterminant pour l’avenir du club.
Un limogeage à contretemps
Le scénario a de quoi laisser songeur. Le 17 mai, Auxerre allait s’imposer à Lille (0-2) lors de l’ultime journée de Ligue 1, validant un maintien que peu voyaient venir. Une performance retentissante, saluée par tout un peuple bourguignon. Cinq jours plus tard, l’entraîneur qui en était le principal responsable se retrouvait sur le carreau.
Arrivé au club en octobre 2022, Christophe Pélissier avait pourtant bâti une véritable histoire avec l’AJA. Une remontée en Ligue 1 dès sa première saison pleine, puis deux maintiens dans l’élite. Mais cela n’a pas suffi face aux tensions internes qui minaient le club.
Un conflit avec la direction sportive fatal
À l’origine de cette séparation, un conflit ouvert avec le directeur sportif David Wantier. Les deux hommes ne partageaient plus la même vision. D’un côté, un entraîneur réclamant de la stabilité et le maintien de ses cadres. De l’autre, une direction confrontée à une réalité économique stricte.
Un petit geste, un grand changement. Avec un budget serré et les exigences de la DNCG, Auxerre se voit contraint de vendre pour équilibrer ses comptes. La position de Pélissier, jugée trop inflexible sur le plan sportif, est devenue incompatible avec cette contrainte financière. Le propriétaire James Zhou a tranché, malgré le rassemblement des ultras venus soutenir leur entraîneur quelques jours plus tôt.
Will Still, le favori venu de l’étranger
Pour rebondir, la direction icaunaise a déjà ciblé quatre profils, selon les informations de RMC Sport. Le premier nom est celui de Will Still. Le technicien belge, qui a connu la Ligue 1 sur les bancs de Reims puis de Lens avant une expérience en Angleterre, est aujourd’hui libre de tout contrat.
Son profil séduit, mais Auxerre n’est pas seul sur le coup. Le FC Lorient s’intéresse également au jeune entraîneur, ce qui pourrait compliquer les négociations. Still fait néanmoins figure de piste sérieuse pour ouvrir un nouveau chapitre à l’AJA.
Olivier Pantaloni, l’autre technicien disponible
Deuxième nom de la liste : Olivier Pantaloni. Le Corse est lui aussi libre, après avoir dirigé son dernier match à la tête de Lorient le week-end dernier. Et son bilan plaide largement en sa faveur : une 9e place en Ligue 1 obtenue avec un promu, fruit d’une saison remarquable.
Le technicien est très courtisé sur le marché. Outre Auxerre, Metz et Nantes suivraient également son profil de près. Pantaloni a fait savoir qu’il comptait prendre son temps pour ne pas se tromper dans son prochain choix. Une concurrence supplémentaire pour les Bourguignons.
Dujeux et Digard, les spécialistes du maintien
Les deux dernières pistes mènent vers des entraîneurs encore en poste dans l’élite. Auxerre lorgne d’abord Alexandre Dujeux, le coach d’Angers, qui présente l’avantage de bien connaître la maison : il est un ancien joueur de l’AJA. Le second nom est celui de Didier Digard, l’entraîneur du Havre.
Le point commun de ces deux techniciens ? Tous deux ont réussi à maintenir leur équipe en Ligue 1 avec des moyens financiers limités. Exactement le type de défi qui attend le futur coach auxerrois. Un profil de gestionnaire capable de faire beaucoup avec peu, parfaitement adapté à la situation des Bourguignons.
Un choix qui engage tout l’avenir du club
Quatre candidats, donc, pour un seul fauteuil. Et une décision qui pèsera lourd. Auxerre sait que la saison à venir s’annonce de nouveau compliquée, entre contraintes budgétaires, ventes attendues et objectif de maintien.
Le successeur de Christophe Pélissier devra composer avec un effectif probablement remanié et une pression immédiate. En clair, le maintien de l’AJA en mai 2027 pourrait bien se jouer dès maintenant, dans le bureau des dirigeants. Reste à faire le bon choix. Auxerre n’a pas le droit à l’erreur.