À trois semaines du Mondial, la Fédération a demandé aux joueurs de l’équipe de France d’accepter une réduction de leurs primes de match.
Voilà un dossier dont les Bleus se seraient bien passés à l’approche du grand rendez-vous. À moins de trois semaines du départ pour les États-Unis, la Fédération française de football a soumis aux joueurs de l’équipe de France une demande délicate : accepter une baisse de leurs primes liées à la Coupe du monde. Une requête qui passe mal dans le vestiaire, surtout que ces mêmes primes avaient été augmentées quelques mois plus tôt. Comment expliquer ce revirement ? Et pourquoi maintenant ? Plongée dans une affaire qui agace en coulisses.
Plus de 20 000 euros par match en jeu
Pour bien comprendre l’enjeu, il faut s’arrêter sur les chiffres. Lors des grands tournois, les joueurs de l’équipe de France touchent une prime pour chaque rencontre disputée. Son montant dépasse légèrement les 20 000 euros par joueur et par match.
Le calcul donne le vertige. En cas de parcours jusqu’au bout de la compétition, soit huit matchs, chaque international pourrait empocher environ 160 000 euros de primes. C’est précisément sur cette enveloppe que la Fédération souhaite réaliser des économies. Une demande que le président Philippe Diallo aurait formulée directement auprès des joueurs lors d’une rencontre organisée au début du printemps.
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Les arguments avancés par Philippe Diallo
Pour justifier sa démarche, le patron de la FFF a mis plusieurs éléments sur la table. Il aurait d’abord pointé du doigt le montant des dotations versées par la FIFA, jugé inférieur aux attentes initiales. Un manque à gagner non négligeable pour les fédérations participantes.
Un petit geste, un grand changement. Diallo a également évoqué un taux de change défavorable entre le dollar et l’euro, ainsi que des coûts d’organisation particulièrement lourds pour ce Mondial nord-américain : hébergement, déplacements, installations. Autant de dépenses qui pèsent sur le budget fédéral. Mais en toile de fond, les joueurs auraient surtout perçu une autre réalité : la santé financière de la FFF n’est plus aussi solide qu’auparavant.
Un revirement qui interroge les joueurs
C’est là que la demande coince. Les internationaux français n’ont pas vraiment saisi la logique de cette requête. Et pour cause : quatre mois plus tôt, au moment de la qualification des Bleus pour le Mondial, ces mêmes primes avaient été doublées par Philippe Diallo et la Fédération, en guise de récompense.
Passer de la hausse à la baisse en quelques mois apparaît, pour plusieurs joueurs, comme un manque de cohérence. D’autant qu’un autre élément alimente leur perplexité : la FFF vient de signer un contrat record avec son équipementier Nike, estimé à 100 millions d’euros par an. Difficile, dans ce contexte, de comprendre pourquoi il faudrait rogner sur les primes des joueurs.
Une politique d’économies à grande échelle
En réalité, cette demande ne concerne pas que l’équipe de France A. Depuis plusieurs mois, la Fédération aurait engagé une vaste politique de réduction des dépenses sur l’ensemble de ses sélections nationales, dans une logique d’équilibre budgétaire.
Les exemples ne manquent pas. Les U20 français, pourtant tenants du titre, n’ont pas pris part au tournoi Maurice Revello, rendez-vous traditionnel du football des jeunes. La Direction Technique Nationale aurait elle aussi subi des coupes budgétaires. L’équipe de France A, jusque-là préservée de ces restrictions, se retrouve désormais concernée à son tour.
Un dossier en suspens avant Clairefontaine
À ce stade, rien n’est encore tranché. Aucun accord n’a été acté entre la Fédération et les joueurs. La question devrait toutefois revenir rapidement sur la table.
Le rassemblement des Bleus est en effet prévu le 28 mai à Clairefontaine, point de départ de la préparation au Mondial. C’est à cette occasion que le sujet sera de nouveau abordé entre les dirigeants de la FFF et les internationaux. Philippe Diallo aura tout intérêt à trouver une issue rapide, sous peine de laisser s’installer un climat de tension.
Un timing loin d’être idéal
Car le moment choisi pose question. À quelques jours du départ pour les États-Unis, où les Bleus poseront leurs valises du côté de Boston pour établir leur camp de base, l’équipe de France aurait sans doute préféré se concentrer pleinement sur le terrain.
Ce Mondial revêt par ailleurs une dimension particulière : il s’agira de la dernière compétition de Didier Deschamps à la tête de la sélection. Les champions du monde 2018, finalistes en 2022, débuteront leur tournoi le 16 juin face au Sénégal. Un défi de taille, qui mériterait toute la sérénité possible. Reste à savoir si la FFF et ses joueurs parviendront à solder ce dossier extra-sportif avant le coup d’envoi. Pour que les Bleus puissent enfin ne penser qu’au football.