Barrages Ligue 2 : Laval se maintient dans la douleur face à un Rouen héroïque malgré son rouge

Gabriel Gromellon

24 mai 2026 19h08

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Barrages Ligue 2 : Laval se maintient dans la douleur face à un Rouen héroïque malgré son rouge

Crédit Photo - IconSport

Les Tango ont conservé leur place en Ligue 2 en s’imposant 1-0, au terme d’un match retour suffocant face à des Diables Rouges réduits à dix.

Quelle soirée à Francis-Le Basser. Ce dimanche 24 mai 2026, le Stade Lavallois a sauvé sa place en Ligue 2 en battant le FC Rouen 1-0 lors du match retour des barrages. Un succès arraché dans la souffrance, face à des Normands pourtant réduits à dix dès la 12e minute. Devant plus de 9 600 spectateurs et sous une chaleur écrasante de 32°C, les Tango ont tremblé jusqu’au bout. Retour sur une finale couperet qui a tenu en haleine deux clubs jouant leur saison sur quatre-vingt-dix minutes.

Le tournant du carton rouge

Tout a basculé très tôt. À la 12e minute, le Rouennais Rocha Santos s’est rendu coupable d’une semelle d’une grande violence sur le Lavallois Montet. L’arbitre, qui avait d’abord sorti le carton jaune, s’est ravisé pour brandir le rouge. Une décision lourde de conséquences.

Un petit geste, un grand changement. Privés d’un homme dès le quart d’heure de jeu, les Diables Rouges ont immédiatement reculé, contraints de défendre en bloc bas. Leur plan de match, bâti pour aller chercher une montée historique, volait en éclats avant même d’avoir pu se déployer.

Le missile de Sellouki

En supériorité numérique, Laval a logiquement pris le contrôle. Avec plus de 60 % de possession, les Tango ont poussé. Et la récompense est tombée à la 25e minute, signée Malik Sellouki. L’ancien joueur de Nice a provoqué à l’entrée de la surface avant de déclencher une frappe somptueuse, droit dans la lucarne du gardien rouennais Maraval.

Un véritable missile, qui a fait exploser le stade Francis-Le Basser. À la pause, Laval menait 1-0, soit 2-1 sur l’ensemble de la double confrontation après le nul de l’aller (1-1). Les Tango se maintenaient alors provisoirement en Ligue 2.

Un Rouen métamorphosé en seconde période

On attendait un Rouen résigné. Ce fut tout l’inverse. Au retour des vestiaires, les Diables Rouges ont livré un visage totalement différent. Malgré leur infériorité numérique et le score défavorable, les hommes de Régis Brouard ont pris le jeu à leur compte, dominant la possession.

Le courage normand a failli payer. Camara a sauvé Laval d’un festival manqué, avant qu’un coup franc de Rouen ne s’écrase sur le poteau via Maraval. Régis Brouard a tout tenté, multipliant les changements offensifs pour aller chercher l’égalisation salvatrice.

Une fin de match irrespirable

Le money-time a été un supplice pour les supporters lavallois. Dans les sept minutes de temps additionnel, Rouen a poussé de toutes ses forces. Samassa a sorti une parade décisive devant Bezzekhami, puis Sanna a réalisé un tacle providentiel devant Titebah pour préserver le but d’avance.

Et dans les dernières secondes, le scénario aurait pu basculer dans l’autre sens : l’entrant lavallois Maggiotti a vu sa frappe filer largement à côté, dans une situation de deux contre un qui aurait dû offrir le break. Plus de peur que de mal pour les Tango.

Laval sauvé, Rouen au bord des larmes

Au coup de sifflet final, le soulagement a envahi la Mayenne. Le Stade Lavallois reste en Ligue 2 et poursuivra l’aventure dans l’antichambre de l’élite la saison prochaine. Une délivrance pour un club qui a tremblé tout au long d’une saison compliquée.

Pour le FC Rouen, troisième de National, c’est l’immense désillusion. Si près du rêve, les Diables Rouges basculeront en Ligue 3, le nouveau nom du National. Les plus de 600 supporters venus de Normandie repartiront avec un goût amer, mais aussi la fierté d’avoir vu leur équipe se battre jusqu’au bout à dix contre onze.

La cruauté d’un barrage

Cette finale restera comme l’illustration parfaite de l’impitoyable loi des barrages. Un seul geste, la semelle de Rocha Santos à la 12e minute, a pesé de tout son poids sur le destin de deux clubs. Sans cette expulsion, le scénario aurait peut-être été différent.

Laval a tenu, dans la douleur et la chaleur. Rouen, vaillant mais malheureux, devra digérer cette occasion manquée. Le football, parfois, se joue sur des détails. Ce dimanche à Francis-Le Basser, il aura suffi de douze minutes pour faire basculer toute une saison.