Le consultant a renoncé à commenter la finale du PSG sur place, échaudé par les insultes subies à Munich lors de la demi-finale.
Il aurait dû être en bord de pelouse, casque sur les oreilles, pour vivre l’un des plus grands matchs de l’année. Mais Samir Nasri ne sera pas à Budapest ce samedi pour la finale de la Ligue des champions entre le PSG et Arsenal. Le consultant vedette de Canal+ a fait le choix de rester à Paris. La raison ? Les insultes répétées dont il a été la cible de la part des supporters parisiens lors de la demi-finale à Munich. Une histoire qui en dit long sur le climat tendu autour de l’ancien international français. Récit d’un renoncement.
Un consultant accrédité, puis retiré de la liste
Tout était pourtant prévu. Selon les informations du Parisien, Canal+, détenteur des droits de la compétition, avait initialement accrédité Samir Nasri auprès de l’UEFA pour la finale. Son nom figurait bien sur la première liste de consultants transmise par la chaîne cryptée.
Mais le lendemain, un second document a été envoyé à l’UEFA. Et cette fois, le nom de Nasri avait disparu. Aucun couac, aucune erreur administrative entre les deux listes : il s’agissait d’un choix assumé. L’ancien milieu de terrain n’a tout simplement pas souhaité se rendre sur la pelouse de la Puskás Aréna.
Le traumatisme de Munich
Pour comprendre cette décision, il faut revenir à la demi-finale du PSG à Munich, sur la pelouse du Bayern. Ce soir-là, Samir Nasri officiait pour Canal+, installé en hauteur dans l’Allianz Arena, du côté des supporters parisiens.
Un petit geste, un grand changement. Placé à proximité des ultras du PSG, le consultant a été pris pour cible pendant toute la durée du direct. Aux yeux d’une partie du public parisien, Nasri reste avant tout un ancien joueur de l’Olympique de Marseille, le club rival. Les insultes ont fusé, certains supporters allant jusqu’à scander des chants hostiles à son encontre, captés à l’antenne.
Une affaire fiscale au cœur des quolibets
Les insultes ne se sont pas limitées à la rivalité OM-PSG. Certains supporters, munis de porte-voix, ont hurlé « paie des impôts » en direction du consultant. Une référence directe à une affaire extra-sportive qui touche actuellement l’ancien joueur.
Le quotidien Les Échos a en effet révélé fin mars que l’administration fiscale aurait procédé à une saisie conservatoire portant sur l’équivalent d’environ 5,5 millions d’euros, en lien avec une dette fiscale présumée. Le fisc remettrait en cause le statut d’expatrié à Dubaï de Nasri. Les avocats du joueur ont fermement démenti, affirmant que cette dette n’existe pas. Mais l’affaire a offert aux supporters un motif de raillerie supplémentaire.
Une expérience que Nasri ne veut pas revivre
L’épisode de Munich a visiblement marqué le consultant. Pendant le temps d’antenne, les supporters parisiens avaient alterné les applaudissements pour son collègue David Ginola et les quolibets à son encontre. À la fin du match, Nasri avait de nouveau essuyé une bordée d’insultes.
Une séquence devenue virale avait d’ailleurs illustré le malaise : au micro après la qualification, le joueur parisien Désiré Doué avait salué les supporters massés en tribunes, au moment précis où ceux-ci lançaient une insulte visant Nasri. Aucune mauvaise intention de la part du joueur, mais le malaise était bien réel. À Budapest, Canal+ aurait là encore logiquement installé ses consultants côté parisien. Nasri a préféré ne pas revivre cela.
Un consultant pourtant loin d’être hostile au PSG
Le paradoxe de cette histoire, c’est que Samir Nasri n’a rien d’un détracteur du club de la capitale. Considéré comme l’un des meilleurs consultants de Canal+, l’ancien international livre des analyses régulièrement saluées pour leur pertinence.
Et il n’hésite jamais à reconnaître les qualités du jeu parisien quand elles sont au rendez-vous. Son statut d’ancien Marseillais lui colle pourtant à la peau auprès d’une frange du public parisien, qui le réduit à cette seule étiquette. Une situation injuste, qui dépasse largement le cadre de ses analyses télévisées.
Présent malgré tout, mais depuis Paris
Renoncer à Budapest ne signifie pas pour autant disparaître des écrans. Samir Nasri sera bien à l’antenne le soir de la finale. Simplement, il commentera la rencontre depuis le plateau parisien de Canal+, et non depuis la Hongrie.
Après le coup de sifflet final, il participera à l’émission consacrée au débrief du match, aux côtés notamment de Mickaël Landreau, un autre ancien du PSG. Pendant ce temps, à Budapest, ce sont David Ginola, Laure Boulleau et Robert Pirès qui occuperont le bord de terrain. Une organisation adaptée, qui permet à Nasri de continuer à exercer son métier sans s’exposer à de nouvelles hostilités.
Le revers méconnu du métier de consultant
Au fond, cette histoire met en lumière une réalité rarement évoquée. Derrière le confort apparent d’un plateau télé, les consultants sont parfois directement exposés à l’agressivité du public, surtout lorsqu’ils travaillent au cœur des tribunes.
Pour Samir Nasri, le choix de rester à Paris est avant tout une question de sérénité. Plutôt que de subir une nouvelle soirée d’insultes lors d’un match historique, il a préféré faire un pas de côté. Une décision compréhensible, qui rappelle que même les anciennes gloires du football ne sont pas à l’abri de l’hostilité d’un public. La finale, elle, se jouera bien sans lui sur place. Mais pas sans sa voix.