L’entraîneur de Nice a reconnu les limites de son équipe après le 0-0 à Geoffroy-Guichard, dans un barrage qui reste totalement ouvert.
Rien n’est fait, et Claude Puel le sait parfaitement. Ce mardi 26 mai 2026, l’OGC Nice est allé chercher un match nul (0-0) sur la pelouse de Saint-Étienne lors du match aller du barrage de maintien en Ligue 1. Un résultat qui ne règle rien et renvoie tout le suspense au match retour, prévu vendredi à l’Allianz Riviera. En conférence de presse, l’entraîneur niçois n’a pas caché les insuffisances de son équipe. Un discours lucide, presque inquiet, à trois jours d’une rencontre qui décidera du maintien des Aiglons dans l’élite.
Un match aller sans vainqueur ni but
Le décor était pourtant grandiose. Devant un Chaudron plein à craquer et bouillant, l’ASSE et Nice se sont livré une bataille intense, mais stérile sur le plan offensif. Le score final, un 0-0 sans le moindre tir cadré de part et d’autre, résume une rencontre crispée par l’enjeu.
Les statistiques traduisent un match équilibré. Nice a légèrement dominé la possession, avec 54 % du ballon, tandis que Saint-Étienne s’est montré plus entreprenant avec sept tentatives contre quatre. La rencontre a également été marquée par deux penalties réclamés et non accordés, alimentant les polémiques autour de l’arbitrage et de la VAR. Au final, aucune des deux équipes n’a su faire la différence.
« On a joué petit bras à notre tour »
Face aux médias, Claude Puel n’a pas cherché à enjoliver la prestation des siens. L’entraîneur a livré une analyse autocritique, reconnaissant même que son équipe avait manqué d’audace : « Peut-être qu’on a joué petit bras à notre tour, oui. »
Un petit geste, un grand changement. Pour Puel, la blessure de Hicham Boudaoui a déréglé son équipe. « On a bien entamé notre match, avec de l’impact, c’était pas mal au niveau du jeu, mais la blessure de Boudaoui nous a fait tomber dans un manque de rythme avec les passes », a-t-il expliqué. Le technicien a pointé le déchet technique de ses joueurs : « Il n’y avait pas assez d’intensité et de justesse, mais on a été solide défensivement. »
Le ballon, le grand chantier niçois
Interrogé sur le positionnement de ses joueurs, Claude Puel a balayé l’idée d’un problème tactique. Pour lui, le souci se situe ailleurs. « Le positionnement des joueurs ce soir n’a pas empêché le jeu, on n’a simplement pas tenu le ballon », a-t-il analysé.
L’entraîneur a martelé son message : la maîtrise technique devra être le grand axe de progression pour le retour. « C’est un ensemble, on doit faire mieux avec la balle, peu importe les joueurs et le système », a-t-il insisté. Un constat sans détour, qui place la responsabilité sur le collectif plutôt que sur des choix individuels.
Un barrage totalement ouvert
Malgré ces réserves, Claude Puel a tenu à souligner le caractère indécis de cette double confrontation. Le 0-0 obtenu à l’extérieur n’est ni un bon ni un mauvais résultat à ses yeux. « Je ne sais pas si ce résultat est un avantage pour nous, mais ça laisse des opportunités d’y croire pour les deux équipes », a-t-il estimé.
Le technicien a malgré tout voulu retenir le positif. Selon lui, ramener une égalité d’un déplacement aussi hostile, devant un tel public, constitue une base de travail. « Faire une première manche avec une égalité devant un tel public à l’extérieur, on va retenir ça », a-t-il glissé. Tout se jouera donc vendredi.
Un retour sans supporters, mais avec de la force
Le match retour aura une particularité de taille : il se disputera à huis clos à l’Allianz Riviera. Une situation que Claude Puel a transformée en argument de motivation pour ses joueurs.
« On va jouer à domicile sans nos supporters. Ici, on était dans un stade acquis à la cause des Stéphanois, ils ne seront pas là non plus au retour », a-t-il relativisé. Et de lancer un appel à la solidité mentale : « Cela doit nous donner de la force, on doit être solide dans nos têtes pour aller chercher le maintien. » Privées de public, les deux équipes devront puiser dans leurs ressources intérieures.
La fatigue et la chaleur, deux ennemis supplémentaires
Au-delà du jeu, Claude Puel a pointé deux facteurs extra-sportifs qui pèseront sur cette fin de saison. Le premier est la fraîcheur physique. Nice disputera vendredi son troisième match en une semaine, un rythme éprouvant en cette période. « On doit penser à la récupération avec un troisième match en une semaine », a-t-il rappelé.
Le second facteur est météorologique. Alors qu’une vague de chaleur intense frappe la France, l’entraîneur a appelé à la vigilance. « Il faudra faire attention aussi avec la chaleur de la semaine », a-t-il prévenu. Récupération et conditions climatiques s’ajoutent donc à la pression de l’enjeu.
Vendredi, l’heure de vérité
Au fond, ce match aller n’aura fait que repousser l’échéance. Le maintien de Nice en Ligue 1, comme le rêve de remontée de Saint-Étienne, se jouera intégralement vendredi soir sur la Côte d’Azur.
Claude Puel a posé le diagnostic : son équipe devra être bien plus juste avec le ballon pour faire la différence. « Il faudra en faire plus et être davantage juste avec le ballon pour faire mal à cette équipe de l’ASSE », a-t-il conclu. Quatre-vingt-dix minutes, peut-être plus, pour décider du sort de deux clubs. Le rendez-vous est pris, et il s’annonce brûlant.