À quelques heures du barrage retour décisif face à Saint-Étienne, le club azuréen a clarifié la situation embarrassante de son latéral tunisien.
Le calme avant la tempête, ou plutôt la communication avant le verdict. À quelques heures du barrage retour capital face à l’AS Saint-Étienne ce vendredi 29 mai 2026 à 20h45, l’OGC Nice a choisi de sortir du silence sur le dossier brûlant Ali Abdi. Dans un communiqué, le club a souhaité éclaircir une situation qui a tourné à la polémique, après le départ de son joueur pour la Tunisie sans accord initial. Et Nice n’a pas seulement défendu sa version des faits : il a aussi pris la défense de son latéral, victime de menaces sur les réseaux sociaux. Décryptage d’une mise au point qui en dit long.
Un communiqué pour calmer la tempête
L’affaire avait pris une tournure inquiétante depuis quelques jours. Le départ d’Ali Abdi pour rejoindre la sélection tunisienne, en pleine bataille pour le maintien, avait suscité l’incompréhension d’une partie des supporters niçois, voire des réactions hostiles. Le club a donc estimé qu’il fallait remettre les choses au clair.
Dans son communiqué, l’OGC Nice explique avoir tout fait pour conserver son joueur. La direction azuréenne précise avoir « engagé des discussions avec la Fédération tunisienne afin de permettre au joueur de disputer les deux matchs de barrage avec le Gym », sans toutefois parvenir à un accord. La faute, selon le club, à un « calendrier rendu extrêmement complexe par les dates FIFA ».
Un visa pour les États-Unis à régler en urgence
Un petit geste, un grand changement. C’est là que se trouve le cœur du problème, jusqu’ici peu connu du grand public. Le déplacement d’Ali Abdi en Tunisie ne relève pas d’un choix sportif, mais d’une obligation administrative.
Selon les explications du club, le latéral a été contraint de se rendre dans son pays pour finaliser les démarches liées à son visa pour les États-Unis. Une étape indispensable dans la perspective d’une participation à la Coupe du monde avec la sélection tunisienne. Un impératif logistique qui rend la situation moins binaire qu’elle pouvait paraître : Abdi n’a pas fui son club, il s’est plié à une nécessité administrative.
L’engagement du joueur salué par le club
Le communiqué insiste également sur la fidélité dont a fait preuve Ali Abdi jusqu’ici. Le défenseur tunisien aurait tenu à honorer le match aller à Geoffroy-Guichard, malgré le contexte tendu autour de sa situation internationale.
Nice rappelle ainsi que le joueur a « tenu à être présent pour le premier match de barrage, démontrant une nouvelle fois son engagement envers le club et le groupe ». Entré en jeu à la pause lors du 0-0 contre les Verts, Abdi est ensuite parti en Tunisie. Une preuve d’attachement que le club a tenu à mettre en avant, à rebours de l’image d’un joueur qui aurait abandonné les siens.
Le club évoque un « imbroglio » et des impératifs contradictoires
Pour expliquer le casse-tête vécu par Ali Abdi, le communiqué de l’OGC Nice utilise le mot « imbroglio ». Le club évoque deux impératifs contradictoires auxquels le joueur a dû faire face simultanément.
D’un côté, défendre les couleurs du Gym lors d’une échéance capitale pour le maintien en Ligue 1. De l’autre, répondre à la convocation de sa sélection nationale pour la préparation de la Coupe du monde. Comme le souligne le club, « entre défendre les couleurs de son club et pouvoir honorer une convocation pour une Coupe du monde avec sa sélection, le choix humain et sportif était particulièrement difficile ». Une formulation qui replace le débat sur le terrain humain, et non plus uniquement institutionnel.
Le club dénonce les menaces sur les réseaux sociaux
Au-delà de la clarification factuelle, l’OGC Nice a tenu à protéger son joueur. Dans son communiqué, le club évoque clairement les attaques dont Ali Abdi a fait l’objet sur les réseaux sociaux depuis son départ temporaire.
Le ton est ferme. Le club azuréen dénonce « le déferlement de menaces dont il est victime sur les réseaux sociaux » et appelle publiquement « chacun à faire preuve de mesure et de respect envers un joueur qui est victime, au même titre que le club, de ces péripéties ». Une prise de position assumée, à l’heure où les déchaînements virtuels touchent de plus en plus de joueurs et où les clubs sont régulièrement appelés à mieux protéger leurs salariés.
Un retour à l’Allianz Riviera encore incertain
Reste la grande question sportive : Ali Abdi sera-t-il présent ce vendredi soir à l’Allianz Riviera ? Selon le club, le joueur reste pleinement mobilisé et « déterminé à revenir soutenir le groupe » à l’occasion du barrage retour.
Mais entre la volonté affichée et la réalité d’un voyage retour express depuis la Tunisie, l’incertitude demeure. Si son retour à temps reste à confirmer, Claude Puel devra surtout composer sans son latéral tunisien comme titulaire, lui qui était entré en cours de jeu lors du match aller. Dans tous les cas, son disponibilité reste pour l’instant suspendue à des contraintes logistiques.
Une fin de saison cauchemardesque
Au fond, cette affaire Abdi s’ajoute à la longue liste des difficultés vécues par Nice ces derniers jours. Défaite en finale de la Coupe de France, sanction alourdie en appel par la FFF, huis clos imposé, supporters interdits de leur propre ville, affaire de violences au centre de formation, et désormais polémique autour d’un cadre. La semaine n’aurait pas pu être plus chargée.
Le communiqué publié ce vendredi vise à apaiser les tensions et à recentrer le débat sur le terrain. À 20h45, les Aiglons devront jouer leur survie en Ligue 1 face à Saint-Étienne, dans un stade vide, sans plusieurs cadres, et dans un climat plus que pesant. La saison niçoise peut s’achever soit par un soulagement, soit par une dégringolade historique. Quoi qu’il advienne, ce dossier Abdi aura déjà laissé des traces. Et le club a choisi son camp : celui de la défense de son joueur.