les clubs anglais se moquent d’Arsenal sur les réseaux

Gabriel Gromellon

31 mai 2026 11h40

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les clubs anglais se moquent d’Arsenal sur les réseaux

Crédit Photo - IconSport

Chelsea, Nottingham Forest et même Crystal Palace ont profité de la défaite d’Arsenal en finale pour exhiber leurs propres trophées européens.

Une défaite ne reste jamais isolée dans le football anglais. Au lendemain de la finale perdue par Arsenal face au PSG ce samedi 30 mai 2026 à Budapest (1-1, 4-3 aux tirs au but), les Gunners se sont retrouvés dans une situation inattendue. Plutôt que de recevoir le soutien de leurs compatriotes, ils ont été chambrés par d’autres clubs de Premier League. Chelsea, Nottingham Forest et même Crystal Palace en ont profité pour exhiber leur propre palmarès européen. Une rivalité tellement assumée qu’elle a transformé une douleur sportive en festival de piques sur les réseaux sociaux. Récit d’un trolling à grande échelle.

Chelsea ouvre le bal en moins de cinq minutes

Il n’aura fallu que quelques minutes pour que la moquerie commence. À 21h03, soit à peine quelques instants après le coup de sifflet final, Chelsea a dégainé sur les réseaux sociaux. Le post, signé du compte officiel des Blues, invitait à venir visiter « la Maison des Trophées de Londres ».

Le message s’accompagnait d’une photo des deux Ligues des champions remportées par le club, en 2012 et en 2021. Et pour pousser la blague plus loin, Chelsea a même glissé un lien direct vers une visite virtuelle de Stamford Bridge, où trône la fameuse armoire à trophées. Un petit geste, un grand changement : une simple publication, et c’est tout Twitter qui s’est embrasé. Le club a ensuite ajouté un message saluant la saison d’Arsenal et son titre de champion de Premier League, mais le mal était fait.

Nottingham Forest rappelle son glorieux passé

Chelsea n’était pas seul à en avoir gardé sous le coude. Nottingham Forest, club historique anglais, est entré dans la danse avec une référence à son passé prestigieux. Sa publication mettait en avant son back-to-back en Coupe des clubs champions, remporté en 1979 et 1980.

Le club en a profité pour rendre hommage à John Robertson, surnommé « Robbo », l’un des héros de cette époque dorée, décédé en décembre dernier à l’âge de 72 ans. Un message à double sens : honorer une légende disparue tout en rappelant gentiment à Arsenal que le palmarès européen anglais existait bien avant les Gunners. Une pique élégante mais redoutablement efficace.

Crystal Palace dans la danse, c’est dire

Le plus surprenant est venu de Crystal Palace. Le club londonien, modeste pensionnaire de milieu de tableau, a lui aussi pris part au festival. Sa publication, sobre mais cinglante, comportait simplement la mention « European Champions », avec une photo de son récent sacre en Ligue Conférence.

Une référence à son tout premier trophée européen, décroché quelques jours plus tôt face au Rayo Vallecano (1-0). Et un rappel implicite mais piquant : Arsenal, malgré tout son palmarès en Premier League, n’a jamais remporté de coupe d’Europe majeure. Pas même la Conference League. Voir un club comme Crystal Palace railler les Gunners sur ce terrain résume la cruauté de la situation pour Mikel Arteta et ses hommes.

Les supporters anglais s’en donnent à cœur joie

Au-delà des clubs, les supporters anglais ont également profité de l’occasion. Sur X, une avalanche de montages, de mèmes et de vidéos a inondé les réseaux dès la fin du match. Tout ce que la créativité numérique compte d’outils a été mobilisé pour charrier les Gunners.

Le penalty raté par Gabriel Magalhães lors de la séance de tirs au but a particulièrement été relayé, parfois dans des montages assez cruels. La séquence finale, où le défenseur brésilien a vu sa tentative repoussée, est devenue le symbole d’une finale ratée. Pour Arsenal, l’addition est lourde : non seulement le titre s’est envolé, mais l’humiliation est devenue virale.

Une saison pourtant historique pour Arsenal

Cet acharnement collectif peut sembler injuste au regard de la saison réalisée par les Gunners. Arsenal a remporté la Premier League pour la première fois depuis vingt-deux ans, mettant fin à une longue disette. Le club a aussi atteint sa première finale de Ligue des champions depuis 2006, soit vingt ans d’attente.

Mais cette saison exceptionnelle s’est accompagnée d’une nouvelle façon de jouer, plus pragmatique et plus défensive, qui a parfois agacé les observateurs. Certains ont accusé les hommes de Mikel Arteta de pratiquer un football « petits-bras », et cette image a manifestement nui à la sympathie qu’aurait pu inspirer le club anglais lors de cette finale.

L’absence de soutien de toute une nation

Au fond, cet épisode illustre une réalité bien anglaise. Là où en France, la question de soutenir un club français en finale de Ligue des champions revient régulièrement, l’Angleterre fonctionne autrement. Les rivalités y sont si profondes que voir échouer un voisin reste, pour beaucoup, une petite victoire en soi.

Pour Arsenal, ce traitement est d’autant plus amer que la défaite face au PSG s’est jouée sur des détails. Un but encaissé dès la 6e minute par Kai Havertz, un match nul au bout des prolongations, puis cette séance de tirs au but cruelle. Les Gunners pensaient enfin toucher au but. Mais entre la déception sportive et le déchaînement de leurs compatriotes, la nuit fut longue à Londres. Et la cicatrisation s’annonce encore plus longue.