Le gendarme financier du football a frappé fort lors de sa dernière commission, avec des sanctions très lourdes pour plusieurs clubs dont des anciens de Ligue 2.
L’addition tombe, et elle est salée. Lors de sa dernière commission de contrôle des clubs amateurs, la Direction Nationale du Contrôle de Gestion a rendu une série de décisions retentissantes. Deux clubs ont été purement et simplement exclus des compétitions nationales, un autre rétrogradé en championnat féminin régional. Plusieurs formations restent dans l’attente avec un sursis à statuer, dont un club nouvellement repris dont nous avions parlé il y a quelques jours. Tour d’horizon d’une journée noire pour le football amateur français.
Beauvais et Grasse, deux clubs exclus
Les sanctions les plus lourdes du jour concernent deux pensionnaires de National 2. L’AS Beauvais Oise et le RC Grasse ont été exclus de l’équipe première des compétitions nationales par la commission de contrôle.
Une décision dévastatrice pour ces deux institutions. Concrètement, leurs équipes premières ne pourront plus évoluer dans les championnats nationaux à compter de la saison prochaine. Elles seront contraintes de redescendre dans le football régional, perdant ainsi leur statut, leur visibilité et une grande partie de leur attractivité. Pour Beauvais, où les supporters s’étaient déjà mobilisés autour du club ces derniers mois, le coup est terrible.
Une rétrogradation pour Sarcelles
Côté féminin également, le couperet est tombé. Le club de l’AAS Sarcelles, pensionnaire de D3 Féminine, a écopé d’une rétrogradation administrative en Régional 1 Féminine.
Un petit geste, un grand changement. Cette descente d’un échelon imposée par la DNCG remet en cause les ambitions sportives du club, indépendamment de ses résultats sur la pelouse. Sarcelles devra reconstruire son projet à un niveau inférieur, avec toutes les contraintes financières et organisationnelles que cela implique pour une équipe féminine. Comme dans tous les cas similaires, un appel reste possible pour tenter d’infléchir cette décision.
Bourg-Péronnas en sursis à statuer
Plusieurs clubs sont par ailleurs placés en sursis à statuer, dans l’attente de garanties complémentaires. Parmi eux figure le FBBP 01, dont nous avions parlé il y a quelques jours à l’occasion de son changement de propriétaire.
Le club de l’Ain venait juste de boucler une opération de reprise par l’entrepreneur lensois Germain Targowski, accompagné de Sébastien Piocelle comme directeur du football. Les nouveaux dirigeants avaient justement promis d’injecter de l’argent frais pour passer la DNCG dans de bonnes conditions. Le sursis à statuer signifie qu’ils devront apporter des éléments supplémentaires avant de voir le club valider définitivement son budget. Une seconde audition sera décisive.
Le Puy Foot et Angoulême également dans l’attente
Bourg-Péronnas n’est pas seul dans cette situation. Le Puy Foot 43 Auvergne, autre pensionnaire de National 1, a lui aussi reçu un sursis à statuer. Idem pour l’Angoulême CFC en National 2 et le Sporting Club de Paris en D1 Futsal.
Ces clubs vont devoir fournir rapidement les pièces manquantes pour rassurer la commission. Un sursis à statuer n’est ni une validation ni une condamnation : c’est un signal d’alerte, qui appelle à une réponse rapide et concrète. La saison prochaine se joue dans les prochaines semaines pour chacune de ces formations.
Fleury et Paris 13 conditionnés au statut professionnel
Deux pensionnaires de National 1, candidats au statut professionnel, ont vu leur situation conditionnée à une autre instance. Le Fleury 91 FC voit son budget accepté, mais sous réserve de confirmation de l’octroi du statut professionnel par le Comité Exécutif de la FFF.
Pour Paris 13 Atlético, c’est un encadrement de la masse salariale qui est prononcé, là encore conditionné à la décision du Comex sur le statut professionnel. Une procédure complexe qui place ces deux clubs dans l’incertitude, dans l’attente d’une réunion future de l’instance dirigeante du football français. La nouvelle Ligue 3 professionnelle, qui doit débuter la saison prochaine, est au cœur de ces dossiers.
Quelques budgets validés sans réserve
Heureusement, toutes les décisions du jour n’étaient pas négatives. Plusieurs clubs ont vu leur budget accepté en l’état, sans aucune mesure restrictive. L’EFC Feignies Aulnoye et le FC Borgo, tous deux en National 2, peuvent souffler.
Côté féminin, le CPB Brequigny Rennes, pensionnaire de D3 Féminine, a également obtenu une validation pleine et entière. Pour ces structures, l’examen s’est déroulé sans accroc, ce qui leur permet d’aborder la saison à venir dans des conditions normales. Une bonne nouvelle qui contraste fortement avec le sort réservé à d’autres clubs lors de cette même commission.
Une nouvelle vague de sanctions
Cette journée marque une nouvelle étape dans le marathon des auditions estivales. Quelques jours plus tôt, le Stade Poitevin avait déjà été exclu sur fond de soupçons de faux documents, et le C’Chartres Football rétrogradé. Avec Beauvais et Grasse aujourd’hui, ce sont quatre clubs nationaux qui se voient retirer leur place dans la pyramide professionnelle en l’espace de quelques jours.
Un rythme inquiétant qui en dit long sur la santé financière du football amateur et semi-professionnel français. Et la saison des auditions n’est pas terminée : d’autres dossiers, notamment ceux des grands clubs professionnels, doivent encore passer devant la commission. Pour les sanctionnés du jour, l’été s’annonce judiciaire et incertain. Le football amateur paie au prix fort ses dérives, et la DNCG, plus que jamais, applique sa ligne avec une rigueur implacable.