Un club de Ligue 1 bientôt rattrapé par la justice ?

Romain Pechon

3 juin 2026 18h00

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Un club de Ligue 1 bientôt rattrapé par la justice ?

Crédit Photo - IconSport

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Marseille en 2024 concernant les contrats du capitaine Laurent Abergel et de l’ancien entraîneur Olivier Pantaloni au FC Lorient. Cette affaire soulève des interrogations sur l’intervention d’agents sportifs non licenciés et d’éventuelles irrégularités au sein du club.

Des signatures qui posent question

Après une saison réussie en Ligue 1, conclue à une inattendue dixième place, le FC Lorient pourrait désormais être confronté à des difficultés non plus sportives, mais judiciaires. Selon Mediapart, le parquet de Marseille mène des investigations sur la prolongation de contrat de Laurent Abergel en mai 2024, ainsi que sur l’arrivée d’Olivier Pantaloni sur le banc lorientais quelques semaines plus tard.

Au cœur du dossier figurent deux individus : Andria Nativi, agent licencié par la Fédération française de football (FFF) et dirigeant de la société N.Agency depuis 2021, et Christophe d’Amico, un intermédiaire ne disposant pas de licence d’agent délivrée par la FFF. Ce dernier est soupçonné d’exercice illégal de la profession d’agent sportif, une infraction passible de sanctions pénales.

La signature de Christophe d’Amico apparaîtrait sur les contrats de deux clients d’Andria Nativi, ce qui aurait attiré l’attention des services d’enquête spécialisés, notamment le service central des courses et jeux ainsi que l’Office national antifraude, dans le cadre d’une enquête préliminaire portant sur les liens entre plusieurs agents de joueurs et des clubs de Ligue 1.

Christophe d’Amico au coeur de l’enquête

Dans le cadre de l’enquête, d’Amico a été placé en garde à vue et son domicile perquisitionné. Il affirme cependant avoir agi bénévolement et dans un cadre préexistant, sans en être l’initiateur et accuse le club lorientais. Toujours selon Mediapart, certains dirigeants lorientais ont été auditionnés afin de déterminer l’existence ou non d’une éventuelle implication du club.

Les liens de Christophe d’Amico avec le milieu du football remontent à plus de quinze ans, notamment via la société Just 4 Player Group, basée en Andorre, qui a accompagné plusieurs joueurs évoluant en Ligue 1, en marge de la législation française. Le club de Lorient a officiellement communiqué en affirmant n’interagir qu’avec des agents référencés par la FFF.

Un agent marseillais dans le collimateur

Cette affaire s’inscrirait dans un dossier plus large impliquant plusieurs clubs de Ligue 1, dont Montpellier, Brest et Bastia, ainsi que des personnes liées au grand banditisme corso-marseillais. Parmi elles figure notamment Jean-Christophe Cano, un agent marseillais visé pour des soupçons d’escroquerie en bande organisée, de blanchiment et de fraude fiscale aggravée.

Il s’agit désormais d’établir s’il y a eu ou non des irrégularités dans le versement de commissions à des intermédiaires, et si les clubs concernés en avaient connaissance. Dans l’hypothèse où des manquements seraient établis, les parties impliquées s’exposeraient à des sanctions financières et disciplinaires.