Coupe du monde 2026 : la FFF sous pression financière avant le Mondial

Romain Pechon

4 juin 2026 16h00

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Coupe du monde 2026 : la FFF sous pression financière avant le Mondial

Crédit Photo - IconSport

Pour la Fédération française de football (FFF), une Coupe du monde n’est pas forcément synonyme de bénéfices. À quelques jours du début du tournoi, Philippe Diallo a reconnu qu’un simple parcours honorable ne suffirait pas à équilibrer les comptes de l’instance.

Une compétition à fonds perdus ?

Si Emmanuel Macron rêve d’une troisième étoile, Philippe Diallo voit la Coupe du monde comme un moyen de remplir les caisses de la Fédération. Car si la compétition est une vraie « machine à cash » pour la FIFA, les annonceurs et même les joueurs, grâce aux primes touchées en cas de bonne performance, la donne est différente pour les instances fédérales.

« Il faut aller très loin dans le tournoi pour réussir à équilibrer les comptes. Je ne parle même pas de gagner de l’argent, mais seulement de ne pas en perdre« , révèle Philippe Diallo, dans les colonnes de L’Équipe. Questionné sur le stade à atteindre pour ne pas être déficitaire, le successeur de Noël Le Graët vise à « minima une demi-finale voire plus…« 

Le sujet des primes toujours en stand-by

Mais conscient de l’impondérable sportif, Philippe Diallo a prudemment budgétisé un quart de finale. Ce qui ne l’empêche pas de se montrer plus ambitieux sur le plan sportif. « Sportivement, c’est la demi-finale. Et dans les têtes, c’est une nouvelle étoile« .

Quant aux primes versées aux joueurs, les négociations ne sont pas encore finalisées. Philippe Diallo espère parvenir à un accord avant le départ pour les États-Unis, fixé le 10 juin. « Je leur ai fait une proposition. Maintenant, ils discutent entre eux pour voir la contre-proposition éventuellement qu’ils feront. J’espère que l’on se mettra très vite d’accord. On va voir où tout ça va atterrir. De mon côté, comme de celui des joueurs, ce qui doit primer c’est l’intérêt de l’équipe de France.« 

Une situation financière sous surveillance

Cette prudence budgétaire s’explique également par plusieurs dossiers extra-sportifs susceptibles d’alourdir les finances fédérales, alors qu’un déficit de 8,7 millions d’euros a déjà été annoncé en fin d’année dernière.

À cela s’ajoute un contentieux social susceptible de peser sur les finances fédérales. Cinq ans après la mise en oeuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), un peu plus d’un tiers des employés licenciés (9 sur 24) ont saisi le conseil des Prud’hommes.

Les concernés réfutent les difficultés financières de la Fédération en 2021, qui disposait alors de 64 millions d’euros de capitaux propres et de 75 millions d’euros de trésorerie, estimant que le PSE visait simplement à se séparer d’employés devenus indésirables dans le cadre d’une guerre des chefs entre Florence Hardouin, directrice générale de l’époque, et certains de ses directeurs. Le délibéré est attendu vendredi.

La Côte d’Ivoire et l’Irlande du Nord avant les États-Unis

Sans oublier l’incertitude autour des droits TV de la Coupe de France, une compétition qui rapportait jusqu’ici 12 millions d’euros par an. Bien loin de ces considérations économiques, l’équipe de France prépare sa Coupe du monde avec un premier match amical contre la Côte d’Ivoire, ce jeudi à Nantes.

Un deuxième rendez-vous est programmé à Lille, lundi prochain face à l’Irlande du Nord, avant de s’envoler pour les États-Unis. Kylian Mbappé et ses partenaires lanceront alors leur tournoi face au Sénégal (16 juin), avant d’affronter l’Irak (22 juin) et la Norvège (26 juin).

Avant même de penser aux primes qu’ils pourront toucher, les joueurs de Didier Deschamps vont déjà tenter de faire le travail sur le terrain. Pour la FFF, cette Coupe du monde représente bien plus qu’un simple objectif de résultats : elle constitue également un rendez-vous crucial pour son équilibre financier.