Le Conseil d’Administration de la Ligue s’oppose à la réforme de la gouvernance du football

Romain Pechon

4 juin 2026 13h00

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Le Conseil d’Administration de la Ligue s’oppose à la réforme de la gouvernance du football

Crédit Photo - IconSport

Réunie en Conseil d’Administration, la Ligue de football professionnel (LFP) a rejeté la proposition de loi visant à réformer la gouvernance et le financement du sport professionnel en France.

Malgré plusieurs amendements introduits lors de son examen à l’Assemblée nationale, le projet de loi ne serait pas à la hauteur, notamment sur la lutte contre le piratage.

La LFP officialise son opposition

C’est ce qui s’appelle faire l’unanimité… contre soi ! Actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale, la Proposition de loi (PPL) relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel peine à convaincre les membres de la LFP.

Les membres de son Conseil d’Administration ont même voté une résolution unanime visant à rejeter le texte en l’état, « soulignant la nécessité de supprimer les amendements qui ne répondent ni aux objectifs d’une meilleure gouvernance, ni aux enjeux économiques de la filière » selon le communiqué de la Ligue.

Une possible révolution qui ne passe pas

Parmi les points contestés par la LFP, il y a notamment l’obligation de diffuser un match en clair à chaque journée de championnat. Une contrainte qui ferait « peser un risque direct sur la valorisation des droits audiovisuels », déjà au plus bas ces dernières années.

Le football français estime aussi que la PPL ne règle pas « de manière opérationnelle » le problème du piratage, regrettant l’absence de mesures concrètes sur ce sujet. Sans pour autant être force de proposition. Toujours sur le volet économique, la LFP s’oppose au transfert des recettes liées aux paris sportifs vers la FFF, estimant que cela entraînerait une perte très importante pour les clubs professionnels.

Au sujet de la gouvernance, la Ligue juge que la législation envisagée est synonyme d’affaiblissement et de complexification pour le football professionnel, avec des recommandations allant « à rebours des standards internationaux ». Sans même évoquer la possible création de mécanismes obligeant les clubs à consulter les supporters sur des sujets opérationnels. Une perspective qui hérisse le poil des membres du conseil d’administration de la LFP.

Un sujet qui divise le football français

S’il soutient le projet de réforme, Philippe Diallo, le président de la FFF et membre de droit du CA de la LFP, s’oppose lui aussi au texte actuel. « Je partage les réserves émises par le conseil d’administration de la Ligue sur ce texte. Ma position est claire : soutien à une réforme de la gouvernance du foot français, soutien au dispositif sur le piratage. Mais un certain nombre de dispositions, qui ont été introduites, sont négatives dans le cadre du projet global qui est porté, précise-t-il dans les colonnes de L’Équipe. Il y a une grande unité de la FFF, de la LFP, des clubs, des familles, pour un schéma de gouvernance moderne, plus efficace. »

Une unité de façade puisque ce projet de loi oppose en réalité deux camps, les proches de Nasser Al-Khelaïfi et de Vincent Labrune, qui ont en quelque sorte fait main basse sur le Conseil d’administration de la LFP, et une opposition incarnée notamment par Joseph Oughourlian, le président du RC Lens, favorable à un changement de cadre législatif.

En février dernier, l’homme d’affaires d’origine libano-arménienne avait publié une tribune dans les colonnes du Monde, co-signée par Franck McCourt (président de l’OM), Guillaume Cerutti (président du conseil d’administration du Stade Rennais) et Jean-Michel Roussier (président du Havre) appelant à une réforme de la gouvernance du football français, estimant que le modèle actuel n’était plus « adapté à la gestion d’un secteur qui pèse plusieurs centaines de millions d’euros. »

Un texte voté durant l’été ?

« Le CA a pris une résolution sans même sonder avant les collèges de L1 et de L2 », glisse, sous couvert d’anonymat, un dirigeant de club. En coulisses, les opposants à la PPL s’affairent pour rallier à leur cause des parlementaires de tout bord.

Déjà repoussé une première fois, le vote du texte à l’Assemblée nationale est censé avoir lieu avant la fin de l’actuelle session parlementaire, c’est-à-dire le 29 juin. Soit plus d’un an après son adoption par le Sénat. En cas d’échec, une commission mixte paritaire est déjà programmée le 22 juillet pour trancher dans le vif. Supprimant sans doute certains amendements problématiques. Le tout à moins d’un mois de la reprise des championnats. Si tant est que la PPL ne soit pas vidée de toute sa substance d’ici là.