De l’Olympique de Marseille à Lens en passant par Lorient et Auxerre, l’intersaison s’annonce historique sur les bancs de l’élite.
Du jamais-vu sur les bancs de Ligue 1. À peine la saison 2025-2026 refermée, le championnat français vit une intersaison particulièrement agitée. Plusieurs grands clubs cherchent leur entraîneur, dans une valse qui n’épargne presque personne. Sur dix-huit formations de l’élite, seules quatre ont la certitude de conserver leur technicien. Pour les autres, c’est le grand chambardement. Tour d’horizon des dossiers les plus chauds, des feuilletons à suivre, et des noms qui circulent pour reprendre les commandes des plus grands clubs français.
Lens en quête du successeur de Sage
L’événement majeur de ce début d’intersaison se joue dans le Pas-de-Calais. Pierre Sage, qui avait conduit Lens au titre de vice-champion de France et à une victoire en Coupe de France, va bel et bien quitter le club. L’entraîneur a trouvé un accord avec Crystal Palace et s’apprête à découvrir la Premier League.
Un petit geste, un grand changement. Pour le remplacer, la direction sang et or a deux pistes prioritaires. La première mène au duo Olivier Pantaloni – Yannick Cahuzac. Ce dernier connaît parfaitement la maison, ayant déjà été adjoint de Franck Haise dans le Nord. Et il entretient une proximité reconnue avec le directeur sportif Jean-Louis Leca. L’autre nom à fortement émerger ces derniers jours est celui de Patrick Vieira, l’ancien champion du monde 1998, qui a réussi deux montées de rang avec Le Mans et rêverait désormais d’un banc plus prestigieux.
L’OM mise sur Genesio, mais…
À Marseille, le dossier est plus complexe. Avec l’arrivée de Grégory Lorenzi au poste de directeur sportif, le club entame une révolution. Et le favori pour reprendre les rênes du Vélodrome est désormais Bruno Genesio, libre depuis son départ de Lille.
Mais le scénario reste fragile. Habib Beye, l’actuel entraîneur, n’a toujours pas officialisé son départ, et les négociations avec Genesio se poursuivent. Une ombre plane par ailleurs sur le dossier : la potentielle sanction de l’UEFA, qui pourrait priver l’OM de Coupe d’Europe la saison prochaine. Un scénario qui pourrait refroidir Genesio et faire capoter son arrivée. À Marseille, comme souvent, l’incertitude est totale.
Lorient et Angers à la lutte pour Gilli
Côté Bretagne, le FC Lorient doit gérer le départ d’Olivier Pantaloni et de Yannick Cahuzac, après une saison majuscule. La direction des Merlus a identifié deux pistes principales. La première mène à Stéphane Gilli, l’ancien coach du Paris FC limogé en février dernier.
Mais Lorient n’est pas seul sur ce dossier. Selon plusieurs sources concordantes dont Ouest-France, Stéphane Gilli est aussi la priorité du SCO Angers, qui doit lui aussi remplacer un coach. Alexandre Dujeux, à la tête du SCO depuis 2023, a en effet quitté le club après cinq années réussies en Anjou. Le premier à convaincre Gilli l’emportera. Le second nom évoqué côté lorientais est celui de Patrick Vieira, également pisté par Lens. Le board breton chercherait par ailleurs un entraîneur parlant anglais, un détail qui pourrait peser dans la décision finale.
Will Still annoncé à Auxerre
À Auxerre, la saison harassante a eu raison de Christophe Pélissier. Le coach qui avait permis à l’AJA de retrouver l’élite et de s’y maintenir deux saisons de suite, doit céder sa place. Et la direction bourguignonne a déjà identifié son successeur.
Selon plusieurs médias, c’est Will Still qui devrait prendre les commandes de l’AJA. L’ancien entraîneur de Reims et de Lens, lui aussi sans club actuellement, ferait son retour en Ligue 1. Mais rien ne sera officialisé tant que le départ de Pélissier ne sera pas tranché, les négociations se poursuivant pour finaliser sa sortie. Un dossier domino, où chaque pièce doit s’assembler avant l’officialisation.
À Nice, le grand flou en attendant la vente
Sauvé in extremis lors des barrages face à Saint-Étienne, l’OGC Nice se retrouve dans une situation particulière. Tous les dossiers sont en stand-by, en raison d’un processus de vente du club actuellement en cours. La direction espère que cette opération aboutisse avant le milieu du mois de juin.
En interne, le club souhaite installer Geoffrey Moncada, ancien directeur technique de l’AC Milan, comme nouveau directeur sportif. Mais il est jugé préférable d’attendre la finalisation de la vente avant de prendre des décisions définitives. L’avenir de Claude Puel, toujours officiellement entraîneur, dépend lui aussi de ce processus. Tout laisse penser que le technicien ne prolongera pas, mais sans vente actée, impossible d’avancer.
Lille a déjà tranché, Monaco aussi
Certains clubs ont en revanche déjà bouclé leur dossier. Lille a officialisé l’arrivée de Davide Ancelotti, le fils de Carlo, pour succéder à Bruno Genesio. Une prise de risque pour le LOSC, qui mise sur un technicien aussi jeune que prometteur.
À Monaco, le choix est encore plus surprenant. Sébastien Pocognoli, dont la fin de saison a été ratée, va céder sa place à Filipe Luis. L’ancien latéral brésilien, libéré par Flamengo en mars dernier, débarque sur le Rocher avec un palmarès impressionnant : Copa Libertadores et championnat du Brésil à son actif. Un pari osé, mais qui colle à l’ADN formateur de l’ASM.
Une intersaison historique
Au fond, cette intersaison restera comme l’une des plus mouvementées de l’histoire récente du football français. Avec seulement quatre clubs assurés de conserver leur entraîneur (PSG, OL, Rennes, Strasbourg), ce sont quatorze formations qui se cherchent un nouveau visage pour le banc.
Carles Martínez Novell quittera Toulouse, Eric Roy hésite à rester à Brest, Vahid Halilhodzic est toujours en attente à Nantes, Antoine Kombouaré pourrait bouger au Paris FC : la liste des incertitudes est encore longue. Et les dossiers s’enchaînent comme un puzzle géant, où chaque pièce attend que ses voisines se mettent en place. Une chose est certaine : la Ligue 1 2026-2027 affichera un visage radicalement renouvelé sur ses bancs. Les supporters n’ont pas fini de découvrir leurs nouveaux entraîneurs. La valse, elle, ne fait que commencer.