L’Olympique de Marseille devra patienter encore quelques jours avant de connaître son sort européen, entre amende et exclusion possible.
L’attente se prolonge, et l’angoisse avec elle. Dans une situation financière délicate, l’Olympique de Marseille espérait être rapidement fixé sur son avenir européen. Mais le verdict de l’UEFA, tant redouté, va se faire désirer un peu plus longtemps. Selon L’Équipe, le club phocéen ne connaîtra pas la décision de l’instance européenne avant le milieu de la semaine prochaine. Une nouvelle échéance qui maintient le suspense, alors qu’une sanction lourde, pouvant aller jusqu’à l’exclusion de la Ligue Europa, n’est pas à exclure. Décryptage d’un dossier brûlant.
Un verdict désormais attendu mercredi
Le calendrier s’est précisé, sans pour autant rassurer Marseille. Selon L’Équipe, la commission de contrôle financier des clubs de l’UEFA s’est réunie ce mardi 2 juin pour examiner, notamment, le dossier de l’OM. Mais aucune décision n’a été rendue dans la foulée.
Un petit geste, un grand changement. Le quotidien sportif précise désormais que le club phocéen ne sera pas fixé avant mercredi prochain sur son sort européen. Une nouvelle date qui prolonge l’incertitude pour les dirigeants marseillais, contraints de patienter encore plusieurs jours avant de savoir s’ils disputeront, ou non, la Ligue Europa la saison prochaine.
157 millions d’euros de pertes en ligne de mire
Pour comprendre l’inquiétude marseillaise, il faut se pencher sur les chiffres. En 2022, l’OM avait signé un accord avec l’UEFA, s’engageant à revenir progressivement à l’équilibre financier. L’objectif était clair : ne pas dépasser un déficit de 60 millions d’euros sur trois saisons, dans le respect des règles du fair-play financier.
Or, les comptes du club ne respecteraient pas cet engagement. Selon plusieurs sources, dont la DNCG, l’OM aurait enregistré environ 157 millions d’euros de pertes cumulées sur les trois dernières saisons. Soit largement plus du double de ce qui était autorisé. Un dépassement massif, qui place le club dans une position très inconfortable face aux instances européennes.
L’exclusion de la Ligue Europa, scénario noir
Plusieurs sanctions sont théoriquement sur la table de l’UEFA. La plus légère serait une simple amende financière. Une option intermédiaire consisterait en une limitation du nombre de joueurs inscrits sur les listes européennes, ou une restriction de recrutement.
Mais le scénario le plus redouté reste l’exclusion pure et simple des compétitions européennes. Privé de Ligue Europa pour la saison 2026-2027, l’OM subirait un coup dur à la fois sportif et financier. Pour un club qui a justement besoin de liquidités rapidement, perdre les revenus d’une Coupe d’Europe constituerait un véritable manque à gagner. Un cercle vicieux dont Marseille tente désespérément de s’extraire.
La défense marseillaise : les droits TV
Pour plaider sa cause, l’OM compte sur un argument bien précis. Les dirigeants marseillais mettent en avant l’impact de la crise des droits télévisés en France, qui a fortement dégradé la situation économique de l’ensemble des clubs de Ligue 1.
Une ligne de défense qui repose toutefois sur des variables extérieures, alors que le fair-play financier vise avant tout la discipline budgétaire interne. Rien ne garantit donc que l’instance européenne se montrera clémente. L’OM espère convaincre les experts de l’UEFA que ses difficultés ne relèvent pas uniquement de sa gestion, mais d’un contexte national défavorable. Un pari risqué.
Un effet domino sur le football français
L’issue de ce dossier ne concerne pas que Marseille. En cas d’exclusion de l’OM, c’est tout l’échiquier européen du football français qui s’en trouverait redessiné. Plusieurs clubs suivent donc l’affaire avec une grande attention, voire une certaine gourmandise.
Selon les projections, si Marseille était écarté, l’AS Monaco, actuellement en barrages de Ligue Conférence, basculerait directement en phase de ligue de la Ligue Europa. Dans la foulée, le RC Strasbourg récupérerait un ticket pour les barrages de la Ligue Conférence. Le Stade Rennais, déjà qualifié, ne verrait en revanche pas sa situation modifiée. Un effet domino aux conséquences importantes pour plusieurs clubs.
Un mois de juin à très haut risque
Cette attente du verdict UEFA s’inscrit dans un mois de juin particulièrement chargé pour l’OM. Car l’instance européenne n’est pas la seule à se pencher sur les finances du club. Le 18 juin, Marseille passera également devant la DNCG, le gendarme financier du football français.
Là encore, des sanctions sont possibles, à commencer par un encadrement de la masse salariale, évoqué par L’Équipe. Le club, qui a obtenu le report de cette audition pour avoir le temps de réaliser des ventes, devra présenter des comptes assainis. Entre l’UEFA et la DNCG, c’est donc un double front que doivent gérer le président Stéphane Richard et ses équipes en ce mois de juin décisif.
Un avenir suspendu à une décision
Au fond, l’OM se retrouve dans une position d’attente angoissante, dépendant de décisions sur lesquelles il a désormais peu de prise. Tout le projet sportif du club pour la saison à venir est suspendu à ces verdicts financiers.
Comment recruter, comment vendre, comment construire un effectif compétitif sans savoir si l’on disputera une Coupe d’Europe ? La question taraude les dirigeants marseillais. Rendez-vous est désormais pris pour mercredi prochain, du moins selon le calendrier actuel. D’ici là, l’OM et ses supporters retiendront leur souffle. Car de cette décision dépend bien plus qu’une simple place européenne : c’est tout l’avenir proche du club phocéen qui se joue dans les bureaux de l’UEFA.