L’entraîneur des Verts et le club du Forez se séparent, faute d’accord pour poursuivre après la cruelle élimination face à Nice.
L’aventure aura été aussi courte qu’amère. Ce samedi 6 juin 2026, l’AS Saint-Étienne et son entraîneur Philippe Montanier ont officialisé leur séparation. Arrivé en février pour mener les Verts vers la Ligue 1, le technicien de 61 ans a échoué dans sa mission, notamment lors du barrage perdu face à Nice. Faute d’accord pour poursuivre, les deux parties ont décidé de mettre fin à leur collaboration. Le club du Forez, condamné à une nouvelle saison en Ligue 2, est déjà à la recherche de son successeur. Décryptage d’un divorce annoncé.
Une séparation à l’amiable
La nouvelle était dans l’air depuis plusieurs jours. Elle est désormais actée. Selon les informations de L’Équipe, confirmées par ICI Loire, Saint-Étienne et Philippe Montanier ont décidé de se séparer d’un commun accord. Les deux parties n’ont pas trouvé de terrain d’entente pour prolonger l’aventure.
Un petit geste, un grand changement. Le contrat du technicien arrivait à son terme à la fin du mois de juin, avec une année supplémentaire en option. Mais cette option ne sera donc pas levée. Montanier ne sera plus l’entraîneur des Verts la saison prochaine, et quitte le Forez après seulement quelques mois sur le banc.
L’échec en barrage fatal
Difficile de ne pas voir dans ce départ la conséquence directe de l’échec sportif. Arrivé le 1er février 2026 pour remplacer le Norvégien Eirik Horneland, Philippe Montanier avait une mission claire : faire remonter Saint-Étienne en Ligue 1. Une mission qu’il n’a pas su mener à bien.
Les Verts ont terminé troisièmes de Ligue 2, échouant à décrocher l’une des deux premières places synonymes de montée directe. Contraints de passer par les barrages, ils ont d’abord écarté Rodez dans la douleur, avant de chuter lourdement face à Nice. Après un match nul à l’aller (0-0), le retour s’est soldé par une cuisante défaite (1-4). Un dénouement qui aura scellé le sort du coach.
Le printemps maudit des Verts
Si l’on cherche le tournant de la saison stéphanoise, il se situe au printemps. Longtemps deuxièmes du championnat sous les ordres de Montanier, les Verts ont craqué au pire moment, dans le sprint final vers la montée directe.
Un enchaînement de trois défaites consécutives a coûté très cher : 0-2 contre Bastia, 0-3 face à Troyes, puis 1-2 à Rodez. Cette série noire a permis au Mans de s’emparer de la deuxième place du classement et de valider sa montée dans l’élite. Saint-Étienne, lui, a vu son rêve de remontée directe s’effondrer, avant de craquer définitivement en barrage.
Un coach qui n’y croyait plus en Ligue 2 ?
Au-delà du seul échec sportif, des signaux laissaient présager ce départ. Selon un article paru dans Ouest-France en début de semaine, un proche du coach aurait confié que Philippe Montanier ne voulait plus entraîner en Ligue 2.
Une indication qui éclaire la décision commune des deux parties. À 61 ans, le technicien normand, passé par Toulouse, Rennes ou encore la Real Sociedad en Espagne, n’avait peut-être plus l’envie de repartir pour une saison dans l’antichambre de l’élite. La perspective d’un nouvel exercice en Ligue 2 a sans doute pesé dans la balance, des deux côtés.
La chasse au successeur est lancée
Condamné à une nouvelle saison en Ligue 2, Saint-Étienne n’a pas de temps à perdre. Selon L’Équipe, le club aurait lancé les grandes manœuvres et serait à la recherche de son nouvel entraîneur depuis environ une semaine déjà. Une anticipation logique au vu des enjeux.
Pour l’heure, peu de pistes ont filtré concernant le successeur de Montanier. Une chose est sûre : le futur coach que choisira la direction, sous l’égide du propriétaire Kilmer Sports, héritera d’une mission de taille. Faire monter, enfin, l’ASSE en Ligue 1, après plusieurs saisons de déception dans l’antichambre.
Une Ligue 2 plus relevée que jamais
La tâche s’annonce d’autant plus ardue que le championnat de Ligue 2 promet d’être particulièrement compétitif la saison prochaine. Plusieurs clubs de renom ambitionnent eux aussi la montée, ce qui densifie considérablement la lutte pour les places en haut de tableau.
Le FC Metz, tout juste relégué, fera figure de candidat sérieux. Reims, Nantes, le Red Star ou encore Montpellier viseront eux aussi l’élite. Dans ce contexte ultra-relevé, Saint-Étienne devra trouver le bon homme pour mener un projet ambitieux. Un club au passé glorieux comme l’ASSE n’a pas vocation à s’éterniser à ce niveau.
Un nouveau chapitre à écrire dans le Forez
Au fond, ce départ marque une nouvelle étape dans la longue convalescence sportive de l’AS Saint-Étienne. Le club, l’un des plus titrés de l’histoire du football français, peine à retrouver sa place parmi l’élite et enchaîne les déceptions.
L’échec de Montanier, et avant lui d’Horneland, illustre la difficulté de la mission. Le prochain entraîneur devra non seulement composer avec la pression d’un public passionné et exigeant, mais aussi avec un championnat féroce. Pour les Verts et leurs supporters, l’attente d’un retour dans l’élite se prolonge encore. Et le choix du successeur de Philippe Montanier s’annonce déjà comme l’un des plus déterminants de ces dernières années dans le Forez.