Le Brésil entame son Mondial sans sa star blessée, et avec un sélectionneur qui se méfie ouvertement des Lions de l’Atlas.
Le choc tant attendu aura un goût d’inachevé. Pour son entrée en lice dans la Coupe du monde 2026, dans la nuit de samedi à dimanche, le Brésil affronte le Maroc dans l’un des duels les plus alléchants du premier tour. Mais la Seleção devra se passer de Neymar, toujours blessé, comme l’a confirmé Carlo Ancelotti. Et le sélectionneur italien a surpris en conférence de presse, reconnaissant ressentir une certaine « peur » avant ce rendez-vous. Une déclaration inattendue, qui en dit long sur le respect inspiré par les Lions de l’Atlas. Décryptage.
Neymar encore sur le flanc
L’espoir d’un retour express s’est envolé. Touché au mollet, Neymar ne sera pas en mesure de tenir sa place pour ce match d’ouverture du groupe C. L’attaquant de 34 ans n’a plus joué depuis le 17 mai, et n’est toujours pas prêt à retrouver la compétition au plus haut niveau.
Un petit geste, un grand changement. La situation reste préoccupante, puisque l’ancien joueur du PSG et du Barça n’a même pas repris les entraînements collectifs avec le reste du groupe. « Il travaille très dur pour se rétablir le plus rapidement possible. Nous espérons qu’il pourra rejoindre le groupe la semaine prochaine », a indiqué Ancelotti. Un retour est donc espéré pour la suite de la phase de poules, mais rien n’est encore garanti.
Un pari assumé par Ancelotti
La présence de Neymar dans la liste des 26 avait fait débat. En rappelant son numéro 10, absent de la sélection depuis octobre 2023, Ancelotti avait été accusé de céder à la pression populaire entourant l’icône nationale. Un choix que le technicien continue de défendre.
« Lorsque nous faisons appel à Neymar, c’est non seulement pour ses qualités techniques, qui sont indiscutables, mais aussi pour son expérience et l’exemple qu’il peut donner aux jeunes joueurs de ce groupe », a rétorqué le sélectionneur. Un pari sur l’apport d’un cadre expérimenté, malgré une fin de carrière minée par les blessures à répétition. Reste à voir si ce choix s’avérera payant dans la suite du tournoi.
« La peur est essentielle à la vie »
Mais c’est une autre déclaration d’Ancelotti qui a marqué les esprits. Interrogé sur l’adversaire marocain, le technicien italien a livré une réponse aussi inattendue que philosophique, reconnaissant ouvertement une forme d’appréhension. De quoi provoquer les rires des journalistes présents.
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« La peur est essentielle à la vie. Si vous n’avez pas peur, vous pouvez voir un lion et le prendre pour un chat », a-t-il lancé avec malice. Avant de développer son propos : « La peur est fondamentale dans nos vies. Il y a des moments où il faut s’inquiéter pour pouvoir faire de son mieux. Il faut aussi avoir confiance. » Une manière imagée de souligner le sérieux avec lequel le Brésil aborde ce match piège.
Un immense respect pour le Maroc
Cette « peur » assumée traduit surtout l’estime d’Ancelotti pour son adversaire du soir. Le sélectionneur ne s’est pas caché derrière de fausses certitudes, et a multiplié les éloges à l’égard des Lions de l’Atlas, qu’il considère comme une équipe de tout premier plan.
« Le Maroc fait partie des meilleures équipes d’Afrique. C’est une équipe forte et bien préparée. Ils comptent dans leurs rangs des joueurs de très haut niveau qui brillent en Europe, et nous les respectons », a souligné le technicien. Il avait déjà désigné les Marocains comme le « principal adversaire » du Brésil dans ce groupe, rappelant leur fantastique parcours jusqu’aux demi-finales du Mondial 2022.
Le plan brésilien sur les coups de pied arrêtés
Pour venir à bout de cet adversaire coriace, Ancelotti a déjà une idée de la marche à suivre. Le sélectionneur sait qu’il faudra hausser le niveau et exploiter chaque opportunité face à une équipe marocaine solidement organisée. La perfection sera de mise.
« Nous devrons réaliser le match parfait et exploiter les coups de pied arrêtés, qui sont notre point fort », a-t-il annoncé. Une arme que le Brésil compte bien utiliser pour faire la différence dans un duel qui s’annonce serré. Malgré l’absence de Neymar, la Seleção conserve un effectif pléthorique, emmené par des stars comme Vinicius Junior, bien décidées à écrire leur propre histoire.
La quête d’un titre attendu depuis 24 ans
Au-delà de ce premier match, c’est tout un pays qui attend un sacre. Le Brésil, nation la plus titrée de l’histoire de la Coupe du monde avec cinq étoiles, court après un sixième trophée qui le fuit depuis bien longtemps. Une attente devenue pesante.
La Seleção n’a en effet plus soulevé le trophée suprême depuis 2002, soit vingt-quatre ans. Une éternité pour le football brésilien, habitué à dominer la planète. Cette disette nourrit une pression considérable sur les épaules des joueurs et de leur sélectionneur. Bien démarrer face au Maroc serait un premier pas important pour évacuer ce poids et lancer idéalement la quête tant espérée.
Un test de vérité d’entrée
Au fond, ce Brésil-Maroc constitue un véritable révélateur pour la Seleção. Affronter d’entrée l’un des outsiders les plus crédibles du tournoi, sans sa star Neymar, permettra de jauger immédiatement les ambitions réelles de cette équipe. Un baptême du feu exigeant.
Le groupe C, qui comprend aussi Haïti et l’Écosse, promet une lutte intense pour la première place, et ce duel inaugural pourrait déjà peser lourd. Ancelotti a donné le ton avec sa déclaration sur la « peur » : il n’y aura pas de place pour l’excès de confiance. Reste à voir si le Brésil saura transformer cette saine appréhension en performance. Et confirmer, dès l’entrée, qu’il fait bien partie des grands favoris de ce Mondial. Réponse cette nuit.