Après le nul décevant face au Maroc (1-1), les médias brésiliens n’ont pas épargné l’équipe de Carlo Ancelotti et ses choix.
L’entrée en lice cauchemardesque. Tenu en échec par le Maroc (1-1) pour son premier match de la Coupe du monde 2026, le Brésil a livré une prestation indigne de son statut de quintuple champion du monde. Sans un éclair de Vinicius Junior, la Seleção aurait même pu s’incliner. De quoi déclencher la fureur de la presse brésilienne, qui a sorti les griffes pour étriller l’équipe de Carlo Ancelotti. Entre comparaison avec le traumatisme du 7-1 et critiques acerbes, tour d’horizon d’un déferlement médiatique. Le détail des résultats est à retrouver dans le classement de la Coupe du monde.
Le spectre du 7-1 ressurgit
La comparaison est la plus douloureuse qui soit pour un supporter brésilien. Pour qualifier la première période catastrophique de la Seleção, certains journalistes ont convoqué le pire souvenir de l’histoire récente du football auriverde. Un parallèle qui fait mal.
Un petit geste, un grand changement. Fernando Kallás, journaliste pour Globo, a ainsi estimé avoir assisté aux « pires 45 minutes depuis le 7-1 contre l’Allemagne », en référence à l’humiliante demi-finale du Mondial 2014. Une formule reprise par O Globo, qui a carrément titré sur « le pire Brésil depuis le 7-1 ». Des mots terribles, qui témoignent de l’ampleur de la déception au pays du football.
Une première période « digne du Paraguay »
Le constat est unanime : le Brésil a été dominé dans tous les compartiments du jeu. La presse a particulièrement pointé une entame de match désastreuse, où la Seleção a semblé incapable de rivaliser avec l’intensité marocaine. Un comble pour une telle nation.
Spécialiste du football brésilien, Gary De Jesus a livré un constat sans appel dans l’After Foot sur RMC. « Les 30 premières minutes ont fait très mal. J’ai entendu qu’elles étaient dignes du Paraguay, que le Maroc était le Brésil. Au milieu, c’était Titanic », a-t-il lancé. Une image forte, qui résume le naufrage collectif d’une équipe larguée dans l’entrejeu et incapable de conserver le ballon.
Ibanez, la cible numéro un
Dans cette débâcle, un joueur a cristallisé toutes les critiques. L’arrière droit Roger Ibanez a vécu une soirée cauchemardesque, sanctionnée par des notes catastrophiques de la part des médias et des supporters. Un véritable supplice.
Dans les notes de Globo, le joueur d’Al-Ahli a écopé d’un 4,5 sur 10 de la rédaction, et d’un terrible 2,9 attribué par les internautes. O Globo souligne qu’il était « parfois débordé sur son marquage », rappelant qu’il a été facilement dribblé par Mazraoui sur une action ayant failli déboucher sur un but. Une prestation d’autant plus scrutée qu’Ibanez est à l’origine un défenseur central, repositionné sur le côté par Ancelotti.
Casemiro, Igor Thiago et Raphinha épinglés
Ibanez n’est pas le seul à avoir essuyé les foudres de la presse. Plusieurs cadres ont été pointés du doigt pour leur manque d’implication ou leur niveau insuffisant. Le journaliste Fernando Kallás n’a pas fait dans la nuance.
« Ibánez, Igor Thiago et Casemiro ont été désastreux », a-t-il tranché, avant de s’interroger : « Raphinha mérite-t-il vraiment ce statut d’intouchable ? » De son côté, le média Lance a également ciblé Gabriel Magalhães, dont l’erreur a précédé le but marocain, ainsi que Lucas Paquetá, loin de son meilleur niveau. Seules les entrées de Fabinho et Luiz Henrique, qui ont stabilisé le milieu, ont trouvé grâce aux yeux des observateurs.
Ancelotti déjà sous le feu des critiques
Au-delà des joueurs, c’est le sélectionneur qui se retrouve sur le banc des accusés. Les choix de Carlo Ancelotti, et notamment sa composition de départ, ont été vivement contestés. Pour l’Italien, le réveil est brutal.
« La lune de miel est terminée », a résumé Gary De Jesus. « Avant ce match, il y avait un peu d’espoir, l’opinion publique le soutenait. Là, ils se sont pris le mur. Il a raté son grand test. » L’ancien international Felipe Melo a lui aussi tiré à boulets rouges : « Il s’est trompé dans sa composition de départ, Ibañez n’aurait pas dû être titulaire. » Le choix de ne pas titulariser le jeune Endrick a également été critiqué.
Ancelotti tente de calmer le jeu
Face à cette tempête, le sélectionneur a tenté de relativiser. En conférence de presse, l’ancien entraîneur du Real Madrid a appelé à la mesure, rappelant qu’une compétition ne se gagne pas dès la première journée. Une manière de tempérer la panique ambiante.
« On ne gagne pas la Coupe du monde au premier match », a-t-il lâché. Certains joueurs ont d’ailleurs reconnu les difficultés : Alisson a évoqué une « série d’erreurs » avant le but marocain, tandis que Danilo a admis qu’il fallait presque « remercier » d’avoir limité les dégâts en première période. Une lucidité qui en dit long sur le malaise vécu sur le terrain par les Auriverde.
Un sursaut attendu face à Haïti
Au fond, cette entrée en matière ratée place déjà le Brésil sous une pression maximale. Dans un groupe C où l’Écosse a pris la tête et où le Maroc a confirmé son statut d’outsider, la Seleção n’a plus le droit à l’erreur pour ne pas voir sa campagne mal embarquée.
Le prochain rendez-vous est fixé face à Haïti, samedi à Philadelphie. Un adversaire a priori plus abordable, qui offrira l’occasion d’afficher un tout autre visage et de faire taire les critiques. Le calendrier complet des prochaines affiches est à consulter sur le calendrier de la Coupe du monde. Pour Ancelotti et ses hommes, l’heure n’est plus aux excuses, mais à la réaction. Car au Brésil, la patience a des limites, et le verdict populaire peut être impitoyable. La Seleção est prévenue.