87,8 % du capital et 71 millions injectés : l’accord qui change tout pour l’OL

Gabriel Gromellon

23 juin 2026 16h38

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87,8 % du capital et 71 millions injectés : l’accord qui change tout pour l’OL

Crédit Photo - IconSport

Un accord a été trouvé pour le rachat de 87,8 % de l’actionnaire majoritaire de l’Olympique Lyonnais, sous réserve du passage réussi devant la DNCG.

Et si l’OL changeait définitivement de visage ce mardi ? Après des mois de crise et de feuilleton financier, le club rhodanien tient enfin une perspective claire. Eagle Bidco, l’actionnaire majoritaire sous administration judiciaire, et la femme d’affaires américaine Michele Kang ont trouvé un accord. À la clé, un changement total de gouvernance, une injection massive d’argent frais et l’espoir d’une nouvelle ère. Mais une condition demeure : convaincre, encore, le gendarme financier du football français.

Les contours d’un rachat à plusieurs étages

L’accord scellé ce mardi est ambitieux. Michele Kang s’engage à acquérir 87,8 % du capital d’Eagle Football Group SA, la société mère du club.

Sur le plan financier, elle s’engage personnellement à racheter la dette des principaux prêteurs et à injecter jusqu’à 71 millions d’euros dans le groupe, dont 31 millions dès la finalisation de l’opération. Un effort qui en dit long sur sa volonté de sauver le club.

Un soutien clé des prêteurs

Pour rendre l’opération possible, les principaux créanciers ont accepté de jouer le jeu. Selon le communiqué officiel, ils ont consenti certaines facilités sur les dix-huit prochains mois.

Un petit geste, un grand changement : ce coup de pouce de Goldman Sachs, MUFG et MetLife témoigne de leur soutien à la future actionnaire. Il offre à l’OL l’oxygène nécessaire pour aborder sereinement la nouvelle saison.

L’épée de Damoclès DNCG

Tout ne se joue toutefois pas dans les bureaux des avocats. La finalisation de l’opération reste soumise à une condition majeure : le maintien administratif du club en Ligue 1, prononcé par la DNCG.

Michele Kang sera auditionnée dans les prochains jours par la direction nationale du contrôle de gestion. Cette procédure s’inscrit dans le calendrier habituel des décisions, dont la chronologie est détaillée dans le bilan des sanctions et des appels en cours.

Le retour d’un nom familier

Sur le plan symbolique, le rachat marquerait une rupture nette avec l’ère récente. Si l’opération aboutit, l’Olympique Lyonnais quittera le groupe Eagle Football pour redevenir « OL Groupe », comme par le passé.

La société restera cotée en Bourse. Sur le plan de la gouvernance, Michele Kang conservera la présidence, et Michael Gerlinger occupera la direction générale. L’OL Lyonnes, la branche féminine, continuera d’être géré séparément.

Vendre pour respirer : la stratégie déjà en marche

Cette opération s’inscrit dans une dynamique de redressement déjà entamée. Ces dernières semaines, l’OL a engrangé d’importantes recettes grâce à plusieurs ventes destinées à alléger sa masse salariale.

L’exemple le plus marquant reste le départ d’Afonso Moreira au Bayer Leverkusen, négocié jusqu’à 33,6 millions d’euros. Une stratégie comptable nécessaire pour rassurer les autorités sportives et présenter un dossier solide.

Un message d’ambition

Du côté des principaux acteurs, le ton est résolument tourné vers l’avenir. Michele Kang évoque un grand sens des responsabilités et un immense honneur d’entamer ce processus de reprise.

Elle dit vouloir refaire de l’OL l’un des leaders du football européen, et un acteur majeur de la métropole lyonnaise. De son côté, Michael Gerlinger a salué un engagement qui « encourage » les équipes à poursuivre la reconstruction, en s’appuyant sur Matthieu Louis-Jean et Paulo Fonseca au sportif.

Une seconde chance à confirmer

Le club a tenu à remercier ses partenaires, ses prêteurs et l’ensemble de ses supporters d’avoir cru en cette seconde chance. Une formule qui résume bien la situation : tout reste à confirmer.

Reste désormais à transformer ces engagements en actes. Si la DNCG valide la suite des opérations, Michele Kang pourra enfin écrire son chapitre à la tête d’un club historique du football français. L’OL, lui, espère tourner une page douloureuse pour entrer dans une nouvelle ère.