La méthode Collina a tué les matchs à rallonge, et les chiffres le prouvent

Gabriel Gromellon

23 juin 2026 16h00

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La méthode Collina a tué les matchs à rallonge, et les chiffres le prouvent

Crédit Photo - IconSport

Une chasse au gain de temps menée par les arbitres offre à cette Coupe du monde le meilleur taux de jeu effectif des trois derniers Mondiaux.

Et si le vrai vainqueur de ce Mondial était déjà connu ? Souvenez-vous du Qatar : ces temps additionnels à rallonge, le tableau du quatrième arbitre affichant dix minutes, des matchs qui s’éternisaient au-delà des 100 minutes. Ce cauchemar des amateurs de foot semble derrière nous. Sur cette Coupe du monde 2026, on joue plus et on attend moins. Et ce n’est pas qu’une impression de spectateur : les données récoltées depuis le coup d’envoi le prouvent, chiffres à l’appui.

Des matchs plus courts, mais bien plus denses

Le paradoxe est savoureux. Les rencontres durent moins longtemps qu’au Qatar, tout en proposant davantage de jeu. Hors pauses fraîcheur, la durée moyenne d’un match est tombée à 96 minutes, contre plus de 100 minutes lors de l’édition précédente.

Surtout, il est devenu rare de voir le temps additionnel dépasser six minutes. Un petit geste, un grand changement : en supprimant les longueurs inutiles, l’organisation a rendu les fins de match bien moins indigestes.

Le vrai indicateur, c’est le pourcentage de temps ballon en jeu. Et là, cette Coupe du monde décroche un record : 59,38 % du temps de match. Soit mieux que les 56,86 % du Qatar en 2022 et les 56,25 % de la Russie en 2018.

La guerre de Collina contre les pertes de temps

Comment expliquer ce gain ? La réponse tient surtout à un homme : Pierluigi Collina. Le chef des arbitres de la FIFA a opéré un virage à 180 degrés par rapport au Qatar, où il demandait d’ajouter chaque seconde perdue.

Cette fois, le mot d’ordre est de prévenir plutôt que de compenser. Plusieurs règles ont été instaurées pour décourager l’antijeu, dans la lignée des nouveautés d’arbitrage qui ont bouleversé ce Mondial.

Concrètement ? Un compte à rebours de cinq secondes encadre les dégagements et les touches. Les remplacements sont limités à dix secondes. Et un joueur soigné doit rester une minute hors du terrain. De quoi dissuader les comédies bien connues.

L’objectif n’était pas de sanctionner à tout-va. Comme l’a résumé Collina, il s’agissait de faire en sorte que les joueurs respectent la limite, pour augmenter le tempo du jeu.

Une méthode qui marche, et qui pourrait faire école

Et ça fonctionne. Depuis le début du tournoi, un seul dégagement a été transformé en corner pour cause de lenteur, et aucun remplaçant n’a été retardé. La menace de jouer à dix une minute durant a, semble-t-il, calmé les fausses blessures.

Il faut donc oublier les vieilles habitudes, comme les trente secondes ajoutées par changement. Désormais, les joueurs quittent la pelouse en moins de dix secondes, sans gonfler le temps additionnel.

Reste une nuance honnête : le temps de jeu effectif pur, 57 minutes et 22 secondes, demeure légèrement inférieur à celui du Qatar. Mais rapporté à une durée totale bien plus courte, le rendement n’a jamais été aussi bon.

Alors, simple effet de nouveauté ou révolution durable ? Si l’essai se confirme, les championnats nationaux pourraient s’en inspirer. Pour l’heure, le pari de la FIFA est tenu : plus de football, moins d’attente. La suite est à suivre via le programme télé du Mondial.