Carton rouge de Balogun annulé : l’astuce du règlement FIFA qui relance les États-Unis face à la Belgique

Gabriel Gromellon

5 juillet 2026 20h45

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Carton rouge de Balogun annulé : l’astuce du règlement FIFA qui relance les États-Unis face à la Belgique

Crédit Photo - IconSport

Expulsé puis suspendu, l’attaquant américain jouera finalement le huitième de finale : voici le mécanisme méconnu qui explique ce revirement.

Imaginez marquer un but en Coupe du monde, être expulsé dans la foulée, puis apprendre trois jours plus tard que votre suspension… saute. C’est exactement ce qui arrive à Folarin Balogun. On ne s’en doute pas toujours, mais derrière un carton rouge se cache parfois une mécanique juridique bien plus souple qu’il n’y paraît. Le buteur des États-Unis, chassé du terrain face à la Bosnie-Herzégovine, sera bien présent contre la Belgique. Une décision de la FIFA qui soulève autant de soulagement côté américain que de questions ailleurs.

Un rouge, une suspension… puis un rétropédalage

Un petit geste, un grand changement : ici, c’est un simple article de règlement qui a tout fait basculer.

Revenons en arrière. En huitième de finale face à la Bosnie, Balogun ouvre le score avant la pause, puis est expulsé à la 64e minute après un recours à la vidéo. L’arbitre, d’abord clément, juge finalement son intervention dangereuse. Les États-Unis l’emportent 2-0, mais terminent à dix et pensent perdre leur meilleur buteur.

Car un carton rouge direct en Coupe du monde entraîne, en principe, une suspension automatique d’un match. Et ce type de sanction ne peut pas faire l’objet d’un appel selon les règles de la FIFA. Le dossier semblait donc clos.

Sauf que la commission de discipline a sorti une autre carte de son règlement.

L’article 27, la clé de tout

La solution tient dans une disposition précise du Code disciplinaire, l’article 27, comme l’a détaillé The Athletic. Ce texte autorise l’instance à suspendre, totalement ou partiellement, l’exécution d’une sanction.

Dans les faits, la peine de Balogun n’est pas annulée : elle est mise en sursis pendant un an. Le joueur reste officiellement sanctionné d’un match, mais cette peine ne s’applique pas tout de suite. S’il commet une faute similaire dans l’année, la suspension deviendra effective, en plus d’une éventuelle nouvelle sanction.

Ce n’est donc ni une annulation du rouge, ni un appel gagné, mais un aménagement de la peine. Le procédé existe déjà : Cristiano Ronaldo en avait bénéficié récemment, un bannissement de trois matchs ayant été ramené à un seul assorti du même sursis probatoire.

Résultat concret : les États-Unis récupèrent leur attaquant vedette, auteur de trois buts dans le tournoi, pour un rendez-vous capital. Le programme complet des huitièmes de finale est à retrouver ici.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Forcément, ce revirement a nourri la polémique. Sur les réseaux, certains y voient un traitement de faveur envers les États-Unis, coorganisateurs de la compétition. D’autres évoquent la proximité affichée entre Donald Trump et Gianni Infantino. Aucune preuve ne vient étayer ces accusations.

Le président américain a d’ailleurs réagi publiquement, remerciant la FIFA sur son réseau Truth Social d’avoir « réparé une grande injustice ». De son côté, la fédération américaine s’est dite satisfaite et concentrée sur le match.

Le rendez-vous est fixé à Seattle, dans la nuit de lundi à mardi, heure française. Avec Balogun sur le terrain, les Américains abordent ce choc face aux Diables Rouges de Rudi Garcia dans de bien meilleures dispositions. Le tableau complet des huitièmes permet de suivre le chemin des qualifiés.

Une règle méconnue, une star sauvée, un débat relancé : la Coupe du monde n’a pas fini de faire parler, sur le terrain comme en dehors.