Après leur qualification en finale, des joueurs argentins ont brandi un message revendiquant la souveraineté sur les îles, ce que le règlement de la FIFA interdit.
La joie de la qualification a laissé place à la polémique. Après leur victoire arrachée 2-1 contre l’Angleterre en demi-finale à Atlanta, plusieurs joueurs argentins ont déployé sur la pelouse une banderole au message politique. La FIFA pourrait ouvrir une procédure disciplinaire, le règlement des stades interdisant tout affichage de cette nature. Un geste lourd de sens entre deux nations dont l’histoire commune reste marquée par un conflit armé, il y a plus de quarante ans.
Un message interdit par le règlement
La scène s’est déroulée après le coup de sifflet final. Selon plusieurs médias dont ESPN et Al Jazeera, les défenseurs Lisandro Martínez et Giovani Lo Celso ont brandi une banderole portant l’inscription « Las Malvinas son Argentinas », soit « Les Malouines sont argentines ».
Le code de conduite des stades de la FIFA proscrit les banderoles, drapeaux ou objets de nature politique, offensante ou discriminatoire. C’est sur cette base qu’une sanction pourrait tomber.
L’instance a déjà agi par le passé. En 2014, elle avait infligé une amende de 20 000 livres à la Fédération argentine pour un message identique brandi avant un match amical contre la Slovénie.
Un contentieux vieux de plusieurs décennies
Les îles Malouines, appelées Falklands par les Britanniques, sont un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni situé dans l’Atlantique Sud, à environ 480 kilomètres des côtes argentines. Leur souveraineté fait l’objet d’un différend ancien entre les deux pays.
En 1982, ce contentieux avait dégénéré en guerre. Le conflit, long de soixante-quatorze jours, avait coûté la vie à 655 militaires argentins et 255 militaires britanniques, ainsi qu’à trois habitants des îles.
C’est en raison de cette histoire que la rencontre s’est disputée sous haute sécurité. Les tensions entre les deux nations dépassent largement le cadre du terrain.
Scaloni voulait éviter le sujet
Avant le match, le sélectionneur argentin Lionel Scaloni avait pourtant tenu à séparer le sport et la politique. Il avait expliqué ne pas vouloir mélanger les deux, par respect pour ce qui s’était passé des années plus tôt.
Le technicien avait qualifié cette période de très triste page de l’histoire argentine. Ses joueurs avaient déjà entonné des chants évoquant les îles après leur victoire en huitièmes de finale contre l’Égypte.
La vice-présidente argentine Victoria Villarruel a de son côté réagi sur X, affirmant que ce match n’était pas une rencontre comme les autres. La réponse de la FIFA déterminera la suite. L’Argentine, elle, disputera la finale dimanche face à l’Espagne, comme le détaille notre compte rendu de la demi-finale. Le programme est à retrouver sur le calendrier de la Coupe du monde.