Le sélectionneur s’est expliqué sur son choix très critiqué de remplacer son meilleur milieu à la pause face à l’Espagne.
C’est la décision qui a fait polémique. En sortant Adrien Rabiot à la mi-temps de la demi-finale perdue contre l’Espagne, alors que le Milanais était l’un des rares Bleus à surnager, Didier Deschamps s’est attiré une pluie de critiques. Trois jours plus tard, en conférence de presse, le sélectionneur a livré sa version. Et il révèle un détail que personne ne connaissait : c’est Rabiot lui-même qui serait venu le voir pendant le match. Retour sur une mise au point assumée.
La confidence de Rabiot à la pause fraîcheur
Selon Deschamps, l’initiative vient du joueur. Averti dès la 9e minute pour une semelle sur Dani Olmo, Rabiot serait allé voir son sélectionneur lors de la première pause fraîcheur.
Le milieu lui aurait alors confié qu’il ne pouvait plus jouer son jeu, bridé par la menace d’un second carton. Un aveu que Deschamps a pris au sérieux, lui qui connaît la difficulté d’évoluer averti à ce poste.
Le sélectionneur a expliqué avoir d’abord tenté de le rassurer, lui conseillant de gérer et d’éviter de laisser traîner le pied. Mais l’action suivante, où Rabiot est passé tout près d’un second jaune, l’a conforté dans son choix.
Une décision assumée sans regret
Fidèle à sa réputation, Deschamps n’a exprimé aucun remords. Il a reconnu qu’il aurait pu faire différemment, tout en affirmant qu’il ne se posait plus ce genre de questions depuis longtemps.
Le technicien a puisé dans son propre vécu de joueur pour justifier sa décision. Il a raconté avoir lui-même disputé des matchs sous la menace d’un carton, se décrivant alors comme l’ombre de lui-même, incapable de s’exprimer pleinement.
Cette première période avait aussi été marquée par la blessure de William Saliba, sorti sur une fracture du dos, comme le révélait notre article sur le sacrifice du défenseur. Un contexte qui a pesé sur les choix du sélectionneur.
Une polémique qui ne retombe pas
Les explications de Deschamps n’ont pas éteint le débat. En France, plusieurs anciens joueurs et consultants avaient vivement critiqué la sortie de Rabiot, jugée incompréhensible pour l’un des meilleurs Bleus du match.
Le sélectionneur, lui, n’a pas cherché à minimiser l’échec. Il a reconnu que l’Espagne avait été supérieure et méritait sa place en finale, tournant la page de sa frustration initiale sur l’arbitrage.
Il reste désormais un dernier match à diriger avant de quitter ses fonctions. La France affrontera l’Angleterre samedi à Miami pour la troisième place, un rendez-vous que Deschamps aborde avec sérieux, comme le montre son refus d’accorder une permission à ses joueurs.