Des supporters de l’Albiceleste réclament une nouvelle finale contre l’Espagne, mais le règlement de la FIFA laisse très peu de place à ce scénario.
En une semaine, les supporters argentins auront connu les deux extrêmes de la mobilisation en ligne. Après une campagne mondiale réclamant l’exclusion de leur sélection, en voici une autre, cette fois lancée depuis Buenos Aires, pour demander que la finale perdue contre l’Espagne soit rejouée. Créée le 20 juillet sur Change.org par une supportrice nommée Gisela Sánchez, elle a déjà dépassé les 65 000 signatures. Son objectif : convaincre la FIFA de réexaminer le match du 19 juillet, remporté 1-0 par la Roja.
Ce que réclament les signataires
Le texte met en cause l’arbitre slovène Slavko Vinčić, désigné pour diriger cette finale à New York. Selon l’initiatrice de la pétition, plusieurs décisions auraient influencé le déroulement de la rencontre au détriment de l’Argentine.
La campagne va plus loin en évoquant des irrégularités et en renvoyant à des vidéos qui circuleraient sur les réseaux sociaux. Aucune preuve vérifiée n’accompagne toutefois ces affirmations, comme l’ont relevé plusieurs médias sud-américains. Aucune instance n’a ouvert d’enquête sur l’arbitrage de cette finale.
Il faut rappeler que ces accusations engagent uniquement leurs auteurs. Elles s’inscrivent dans un climat de tension qui a marqué tout le tournoi, y compris du côté français après la demi-finale perdue.
Un règlement qui ferme presque toutes les portes
Sur le plan réglementaire, la demande a très peu de chances d’aboutir. Une pétition n’a aucune valeur juridique et ne peut contraindre la FIFA à modifier le résultat d’une compétition officielle.
Rejouer une rencontre suppose des circonstances exceptionnelles, encadrées par les textes. Deux cas de figure existent dans l’histoire récente : une erreur technique caractérisée de l’arbitre, ou une manipulation avérée du match.
Le premier remonte à septembre 2005. Lors d’un barrage pour le Mondial 2006, l’arbitre japonais Toshimitsu Yoshida avait annulé un penalty ouzbek pour empiétement, puis accordé un coup franc à Bahreïn au lieu de faire retirer la tentative. La FIFA avait annulé le résultat et ordonné une nouvelle rencontre.
Un précédent plus récent, et un contre-exemple
Le cas le plus récent date de 2017. La FIFA avait fait rejouer un Afrique du Sud-Sénégal après que l’arbitre ghanéen Joseph Lamptey eut été reconnu coupable de manipulation et suspendu à vie. Une décision fondée sur une culpabilité établie, pas sur une contestation de supporters.
À l’inverse, la main de Thierry Henry contre l’Irlande, en 2009, n’a jamais donné lieu à un match rejoué. La Fédération irlandaise avait beau contester, la FIFA avait rappelé le caractère définitif des décisions arbitrales prises sur le terrain.
Les pétitions de supporters, elles, n’ont jamais rien obtenu. Après la finale de 2022, des supporters français en avaient réuni plus de 200 000, sans effet. Cet été, une autre campagne française a dépassé 82 000 signatures pour faire rejouer la demi-finale contre l’Espagne. Quant à la pétition réclamant l’exclusion de l’Argentine, elle a atteint plus de 23 millions de signatures pour un résultat identique. L’Espagne reste championne du monde.