Le vice-président de la Fédération a écrit à ses collègues du Comité exécutif pour dire son agacement sur la façon dont la nomination de Zinédine Zidane a été préparée.
Un mail envoyé à une trentaine de dirigeants, et voilà les coulisses de la FFF exposées en pleine lumière. Jeudi, les membres du Comité exécutif ont reçu une convocation pour une réunion fixée au mardi 28 juillet. Objet : le futur sélectionneur des Bleus. Le document ne citait même pas le nom de Zinédine Zidane. Ce silence, et surtout le délai, ont fait réagir Jean-Michel Aulas, vice-président de l’instance depuis décembre 2023, qui a partagé son incompréhension à ses pairs.
Un agacement sur la méthode
Dans son message, que L’Équipe a pu consulter, l’ancien président de l’Olympique lyonnais s’étonne du calendrier retenu. Une convocation reçue le jeudi pour une réunion le mardi suivant, en plein cœur des vacances d’été, lui paraît difficilement tenable.
Aulas explique qu’il ne pourra pas être présent physiquement et devra se contenter d’une visioconférence. Son principal grief porte ailleurs : il estime que la presse a été informée avant les dirigeants fédéraux eux-mêmes.
Le vice-président aurait souhaité une réunion en amont, qu’il juge démocratiquement préférable. Une critique qui vise la forme, pas la légitimité du choix, puisque le nom de Zidane circule depuis des mois. La FFF a d’ailleurs confirmé jeudi que le prochain sélectionneur serait présenté mardi à 11 heures.
Ce que prévoient les statuts
La procédure de nomination répond pourtant à une logique précise. Le président de la Fédération choisit d’abord l’identité du successeur, avant de soumettre ce choix au Comité exécutif pour validation.
Autrement dit, le pouvoir de décision finale appartient bien à l’instance collégiale, qui se réunira mardi matin. La conférence de presse de Philippe Diallo se tiendra ensuite, une fois cette validation acquise.
Sur le fond, Aulas ne conteste pas ce mécanisme. Son message porte sur le partage de l’information en amont, un sujet récurrent dans les organisations où la confidentialité d’un recrutement se heurte à la collégialité des instances.
Le choix assumé du secret
Côté fédéral, la discrétion a été poussée à l’extrême. Selon L’Équipe, Philippe Diallo n’aurait mis dans la confidence que Jean-François Vilotte, directeur général de la Fédération, en plus de Zidane et de ses conseillers, lors des discussions sur le contrat.
Le président avait d’ailleurs justifié cette approche dès le printemps. Interrogé sur son silence, il expliquait vouloir respecter le travail des personnes en poste et éviter des annonces qu’il jugeait prématurées, alors que Didier Deschamps était encore en fonction. Ce verrouillage explique en partie pourquoi la signature de Zidane est restée si longtemps non officialisée.
Aucune réponse publique de Philippe Diallo aux remarques de son vice-président n’a filtré à ce jour. Les deux hommes se retrouveront mardi matin au siège de la Fédération, avant la présentation officielle prévue à 11 heures.