Le champion du monde 2018, aujourd’hui dirigeant du club italien, a porté une réforme qui bannit le jeu aérien chez les plus jeunes pour protéger leur cerveau.
Il sait de quoi il parle. Adolescent, Raphaël Varane a subi deux commotions cérébrales importantes, une expérience qui a nourri sa méfiance envers les impacts à la tête. Aujourd’hui retraité et membre du conseil d’administration de Côme, le champion du monde 2018 a poussé son club à franchir un cap : interdire ou strictement encadrer le jeu de tête chez les jeunes de son académie. Une décision annoncée cette semaine, qui pourrait faire école dans la formation des footballeurs.
Un protocole progressif selon l’âge
La règle est claire pour les plus petits. Chez les moins de 10 ans, le jeu de tête est totalement proscrit, à l’entraînement comme en match. Les remises en jeu et les corners se jouent au sol, au pied, pour éviter tout contact du ballon avec la tête.
L’introduction se fait ensuite par étapes. Chez les U11, la technique n’apparaît qu’en fin de saison, avec un ballon léger en caoutchouc. Les U12 s’y exercent de façon très limitée, avec un maximum de cinq répétitions par séance encadrée.
Pour les U13, le jeu de tête reste interdit en match et se limite à une seule séance hebdomadaire à l’entraînement. L’idée générale est d’introduire ce geste graduellement, à mesure que les jeunes grandissent et se développent physiquement.
La santé cérébrale au cœur du projet
La motivation affichée par le club est sanitaire. Côme dit vouloir réduire les impacts évitables sur la tête et soutenir le bien-être de ses joueurs, tout en favorisant un meilleur développement technique sur le long terme.
Varane, de son côté, assume une conviction ancienne. L’ancien défenseur explique avoir souvent alerté sur la nécessité de prendre au sérieux les chocs crâniens dans le football et de protéger les enfants, dont le cerveau est encore en pleine croissance.
Ce temps libéré du jeu aérien sera consacré au ballon au sol, à la prise de décision et à la technique. Une philosophie qui rejoint les débats actuels sur l’encadrement des plus jeunes catégories, jusque dans le football amateur.
Une tendance qui dépasse Côme
Cette initiative n’est pas totalement isolée. Plusieurs fédérations ont déjà encadré le jeu de tête chez les enfants ces dernières années, notamment en Angleterre, en Écosse et aux États-Unis, sur fond d’études pointant un risque neurologique lié aux impacts répétés.
Le sujet reste discuté, et les recherches sur les effets à long terme, comme les maladies neurodégénératives, se poursuivent. La démarche de Côme s’inscrit dans ce mouvement de prudence, en l’appliquant dès la formation.
Reste à voir si d’autres clubs, en Italie ou ailleurs, suivront cet exemple. Pour Varane, dont la reconversion passe désormais par le développement des jeunes, l’objectif est clair : faire de la protection de la santé une priorité de la formation.