Le projet d’Infantino de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés, dont un fonds proche de Trump, provoque la colère du football européen.
L’idée a de quoi faire trembler les fondations du football mondial. Ce mardi, la FIFA a confirmé, dans un communiqué, son intention de créer une entité commerciale ouverte à des investisseurs privés. Baptisée FIFA Forward Enterprise, cette structure serait valorisée autour de 20 milliards de dollars et permettrait de lever plusieurs milliards. Révélé par le Financial Times et le Times, le projet a aussitôt déclenché la fureur de l’UEFA, qui y voit une menace pour l’âme même du football. Décryptage d’un dossier explosif.
Ce que prévoit le projet de la FIFA
Sur le papier, l’instance présente une opération de financement. La FIFA créerait une société qu’elle contrôlerait, avant d’en céder une part minoritaire à des investisseurs de long terme, pour une valorisation de départ estimée à 20 milliards de dollars.
L’opération pourrait rapporter jusqu’à 4,2 milliards de dollars dès cette année. Selon l’instance, l’objectif est de porter le financement du développement du football à plus de dix milliards, chaque fédération membre pouvant accéder à une enveloppe ponctuelle.
Gianni Infantino défend une « démocratisation » du football mondial. Le projet, mené avec la banque JP Morgan, devra toutefois être approuvé par les 211 associations membres. Une communication offensive qui s’inscrit dans la lignée de la défense appuyée de son bilan par le président.
L’ombre de la galaxie Trump
Mais c’est l’identité des investisseurs pressentis qui interroge. Selon le Financial Times, le favori pour devenir partenaire serait le fonds Thrive Eternal, dirigé par Joshua Kushner.
Or ce dernier n’est autre que le frère cadet de Jared Kushner, gendre de Donald Trump et ancien conseiller à la Maison-Blanche. Le Times affirme par ailleurs que des figures proches du président américain auraient été consultées sur le projet.
Ce lien tombe dans un contexte déjà tendu. Un parlementaire démocrate a réclamé l’audition d’Infantino sur ses relations avec Trump, et cette nouvelle initiative relance les interrogations sur la proximité entre la FIFA et l’entourage présidentiel américain.
L’UEFA monte au créneau
La réaction de l’Europe ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué cinglant, l’UEFA a estimé que ce projet franchissait une ligne que les instances dirigeantes ne devraient jamais dépasser, disant prendre la situation très au sérieux.
Pour la confédération européenne, l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs négociables, surtout sans transparence sur les bénéficiaires. « Le football n’appartient pas à la FIFA, ce n’est pas à elle de le vendre », a-t-elle tranché, au nom des ligues, clubs, joueurs et supporters.
Ce nouvel affrontement illustre le fossé grandissant entre l’instance mondiale et le football européen, déjà visible dans les récentes passes d’armes autour de la communication d’Infantino. Le projet devra franchir de nombreux obstacles avant d’espérer voir le jour.