Là où l’UEFA parle de ligne rouge et de boycott, la Confédération africaine accepte d’examiner le plan controversé de la FIFA.
Toutes les confédérations ne réagissent pas de la même façon. Alors que l’UEFA a dégainé un communiqué furieux et évoque un possible boycott, la Confédération africaine de football adopte un tout autre ton. Sans approuver le projet d’Infantino visant à ouvrir le capital d’une société commerciale de la FIFA, elle refuse de le rejeter d’emblée. La CAF a même invité ses fédérations à l’étudier. Une divergence qui révèle une fracture profonde au sommet du football mondial.
La CAF ouvre la porte, sans signer
La nuance est importante. Dans son communiqué, la CAF n’a pas donné son feu vert au projet, mais a annoncé vouloir l’évaluer sérieusement. Son président, Patrice Motsepe, réunira son Comité exécutif la semaine prochaine pour examiner l’initiative baptisée FIFA Forward Enterprise.
L’instance africaine encourage par ailleurs ses associations membres à étudier la proposition et à participer au processus de consultation lancé par la FIFA. Une posture d’ouverture qui tranche nettement avec le rejet européen.
Cette attitude conciliante n’est pas une surprise. Motsepe est un allié de longue date d’Infantino, au point d’avoir soutenu ses candidatures et d’avoir assisté à des matchs du Mondial dans la même loge que le patron de la FIFA. L’Afrique, avec ses 54 fédérations, pèse lourd dans le jeu des votes.
Un argument financier au cœur du débat
Pour rallier les fédérations, la FIFA avance un levier puissant : l’argent. L’instance promet d’augmenter sensiblement les revenus versés aux associations qui adhéreront au projet, avec une échéance fixée par Infantino.
Cette promesse de manne financière explique en partie pourquoi certaines confédérations, notamment celles aux ressources plus limitées, se montrent moins hostiles que l’Europe. Le sujet est d’ailleurs au centre des interrogations sur les millions soudainement promis à toutes les fédérations.
Selon Ouest-France, Infantino aurait fixé au 19 septembre la date limite pour que les associations volontaires se prononcent. Un calendrier serré, qui accentue la pression sur des instances encore en pleine réflexion.
Une fracture qui s’élargit
Le camp des opposants ne se limite toutefois pas à l’Europe. La Concacaf, confédération d’Amérique du Nord, centrale et Caraïbes, a exprimé son mécontentement, agacée d’avoir découvert le projet par voie de presse plutôt que par un canal officiel.
La Confédération asiatique a elle aussi émis des réserves, regrettant qu’un dossier d’une telle ampleur soit devenu public avant toute évaluation interne. Trois confédérations sur six affichent donc leur défiance, à des degrés divers.
Cette carte des ralliements et des refus dessine un rapport de force incertain, à l’image de la menace de boycott brandie par l’UEFA. Le projet devant être validé par une majorité des 211 associations membres, chaque prise de position compte, et l’Afrique pourrait bien peser dans la balance finale.