Les sommes destinées aux clubs non participants du Mondial 2025 n’ont toujours pas été distribuées, et l’édition 2029 en pâtit déjà.
Cinquante mille livres par club de première division dans le monde. C’était la promesse de la FIFA avant le Mondial des clubs 2025, présentée comme un soutien sans précédent au football de clubs. Plus d’un an après la finale remportée par Chelsea face au PSG, cet argent n’a toujours pas été versé. Le montant en jeu atteint 250 millions de dollars, soit environ 215 millions d’euros. Les conséquences dépassent désormais la simple question comptable : elles menacent l’organisation même de la prochaine édition.
Un mécanisme de solidarité resté lettre morte
Le dispositif visait à répondre aux critiques. En distribuant un milliard de dollars aux trente-deux clubs participants, la FIFA creusait mécaniquement l’écart avec le reste du football mondial.
Le fonds de solidarité devait corriger ce déséquilibre en redistribuant une part des recettes à ceux restés à l’écart. L’argent provenait des droits de diffusion, vendus environ 740 millions de livres à DAZN avec le concours du fonds souverain saoudien.
Les participants, eux, ont bien été payés. Chelsea et les autres demi-finalistes ont perçu des sommes considérables, calculées selon un barème mêlant participation et performance. L’instance traverse par ailleurs une crise de gouvernance depuis une semaine.
Une alerte lancée dès novembre
Le problème n’est pas apparu ce mois-ci. Dès novembre 2025, lors du forum de l’Union of European Clubs à Bruxelles, son président Alex Muzio dénonçait publiquement l’absence totale de nouvelles concernant cet argent.
Cette organisation représente les clubs européens de taille moyenne et modeste, précisément ceux que le mécanisme devait aider. Neuf mois plus tard, la formule de répartition n’a toujours pas été arrêtée.
Une cinquantaine de clubs européens ont depuis fait remonter leur situation. Interrogée par le Times, la FIFA indique poursuivre les discussions sur cette répartition, sans avancer de calendrier.
Le tournoi 2029 dans l’incertitude
C’est là que le dossier prend une autre dimension. Aucun pays hôte n’a été désigné pour la prochaine édition, et les négociations n’ont pas réellement commencé.
Le Brésil, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Australie ont manifesté leur intérêt, mais le processus est gelé. Selon plusieurs médias britanniques, l’hypothèse d’un report, voire d’une annulation, circule si la FIFA ne règle pas ses dettes et ne restaure pas la confiance des clubs.
Le calendrier joue contre l’instance. Convaincre les grands clubs européens de participer suppose un climat que ces impayés rendent difficile. Gianni Infantino affronte déjà une fronde interne et des appels à la démission.
Un second dossier financier s’est ouvert en parallèle : onze villes américaines ayant accueilli le Mondial 2026 réclament elles aussi des sommes promises et non versées.