La fédération norvégienne est la première à demander explicitement le départ du président de la FIFA.
Le pas a été franchi vendredi matin à Oslo. Au lendemain d’une réunion de ses instances dirigeantes, la Fédération norvégienne de football a annoncé qu’elle demanderait à Gianni Infantino de quitter ses fonctions. Sa présidente Lise Klaveness estime qu’il ne dispose plus de la confiance institutionnelle nécessaire pour diriger l’organisation. Une prise de position radicale, la première du genre venue d’une fédération nationale. Dans la foulée, un nom a circulé pour lui succéder, avancé par un prédécesseur qui connaît bien la maison.
Une opposante de longue date
La démarche norvégienne n’a rien d’un revirement. Klaveness s’était fait connaître mondialement en 2022 lors du Congrès de la FIFA à Doha, où elle avait interpellé l’instance sur les droits humains au Qatar devant les délégués médusés.
Un an plus tard, elle refusait publiquement de soutenir la réélection d’Infantino. Depuis, elle a réclamé une enquête sur Israël avant les qualifications du Mondial, puis la suppression du prix de la paix décerné par la FIFA.
Ancienne internationale aux 73 sélections devenue juriste, elle préside la fédération norvégienne depuis mars 2022. Les excuses présentées par l’instance mercredi n’ont manifestement pas convaincu Oslo.
La sortie inattendue de Sepp Blatter
L’ancien président de la FIFA s’est invité dans le débat. Sur le réseau X, Sepp Blatter a suggéré que Klaveness pourrait prendre la tête de l’organisation, ce qui ferait d’elle la première femme à ce poste.
Il salue une dirigeante ayant toujours pris clairement position sans suivre le courant dominant, et estime que le moment est venu pour une femme de diriger le football mondial.
L’intéressée a botté en touche auprès de l’AFP. « Nous n’en sommes pas là », a-t-elle répondu, expliquant qu’il s’agissait pour l’instant de sujets institutionnels et non de personnes.
L’UEFA maintient la pression
La Norvège n’agit pas seule. L’UEFA a fait savoir jeudi que son boycott des compétitions de la FIFA restait en vigueur, malgré l’abandon du projet contesté samedi dernier.
L’instance européenne réclame des assurances contre toute nouvelle tentative de ce type et affirme avoir perdu confiance dans la présidence actuelle. Ces conditions ne sont selon elle pas remplies.
L’arithmétique reste toutefois favorable au sortant. Malgré les défections dans son entourage, Infantino conserve le soutien affiché de la confédération africaine et de plusieurs fédérations sud-américaines.
Seul candidat déclaré à ce jour, il devra obtenir une majorité des 211 voix lors du Congrès prévu en mars, au Maroc.