Le président du district de la Vienne réclame un plan national d’adaptation au changement climatique.
Le football risque tout simplement de s’effacer de nos communes. L’avertissement figure noir sur blanc dans le communiqué publié par le district de la Vienne, dont le président vient d’écrire au patron de la Fédération française de football. Stéphane Basq y décrit des clubs pris en étau entre des canicules de plus en plus précoces et des saisons pluvieuses qui noient les terrains. Sa demande est chiffrée : passer de neuf à vingt terrains synthétiques dans son département. Et il balaie au passage l’argument écologique.
Liège, maïs et noyaux d’olives
Le dirigeant consacre une partie entière de son communiqué à combattre ce qu’il qualifie de préjugés. Selon lui, les terrains synthétiques modernes ne sont plus des équipements anti-écologiques.
Il détaille les remplissages désormais disponibles, tous organiques et biosourcés : le liège naturel, inodore et réduisant la température au sol, la rafle de maïs concassée, les noyaux d’olives, ou encore la fibre de bois et de coco.
Ces technologies remplacent les anciens granulats de caoutchouc noir issus de pneus usagés. Elles économisent selon lui des millions de litres d’eau d’arrosage chaque année. L’interdiction européenne des microplastiques entrera en vigueur en 2031.
Le modèle des « 1 000 piscines »
Pour financer ces installations, le district s’appuie sur un précédent historique. Il cite explicitement les grands programmes nationaux des décennies passées : l’opération « 1 000 piscines » et ses bassins Tournesol, ainsi que les salles « Mille clubs ».
Deux mécanismes sont proposés. D’abord la mutualisation intercommunale, avec une prise en charge par les communautés de communes pour desservir plusieurs clubs d’un même bassin de vie.
Ensuite un cofinancement de l’État à hauteur de 60 %, les petites communes n’ayant plus la trésorerie nécessaire pour porter seules de tels investissements.
Une démarche entamée depuis des mois
Ce courrier n’est pas une réaction à la sécheresse estivale. Le président du district avait déjà interpellé les parlementaires de la Vienne, puis les services de la préfecture, avant de s’adresser à l’échelon fédéral.
Il se présente comme le porte-parole des clubs, des bénévoles et des milliers de jeunes licenciés de son département, et appelle les élus locaux à se joindre à sa démarche avant qu’il ne soit trop tard.
Le contexte national lui donne du poids. La France compte 25 000 terrains de football à onze, dont 3 300 seulement en gazon synthétique. La Coupe de France en subit déjà les conséquences.
La Fédération n’a pas encore répondu publiquement.