Une étude commandée par la FFF dresse un constat préoccupant : le réchauffement climatique pourrait bouleverser la pratique du football dans les prochaines décennies.
Les canicules de cet été n’étaient peut-être qu’un avant-goût. Après des semaines de fortes chaleurs qui ont mis à mal les pelouses des clubs amateurs, une étude vient chiffrer l’ampleur du défi à venir. Commandée par la Fédération française de football et révélée par L’Équipe, elle alerte sur les conséquences du dérèglement climatique pour le football hexagonal. Reports de matchs, terrains impraticables, calendriers menacés : le constat est sérieux, et les projections pour les décennies à venir donnent le vertige.
Un constat déjà bien réel
Le phénomène n’a rien d’une hypothèse lointaine. Selon l’étude, réalisée par le cabinet Sport 1.5, 93 % des clubs français ont déjà connu des reports de matchs liés à des événements climatiques, un chiffre qui illustre l’ampleur actuelle du problème.
Cinq risques principaux ont été identifiés. Les fortes chaleurs, la sécheresse, les orages, les pluies hivernales et les inondations menacent déjà la pratique, comme l’a montré cet été l’état des terrains amateurs privés d’arrosage.
La question des inondations est particulièrement frappante. D’après l’étude, un tiers des terrains de football français se situent en zone inondable, un risque déjà pris au sérieux par la Fédération, à l’image de son dispositif d’aide aux clubs sinistrés.
Des projections préoccupantes
C’est à l’horizon des prochaines décennies que les chiffres inquiètent le plus. D’ici 2050, le nombre de journées dépassant 32 °C sur les terrains pourrait être multiplié par trois, avec environ 100 000 matchs concernés par les fortes chaleurs entre juin et septembre.
Les plus jeunes seraient en première ligne. Sur ce total, près de 46 000 rencontres concerneraient des catégories de jeunes, tandis que dès 2030, plus de 300 000 heures d’entraînements et de stages seraient déjà menacées par la chaleur.
Le calendrier des compétitions pourrait devoir s’adapter. La Coupe de France, dont une large majorité des matchs se disputent en août et septembre, figure parmi les épreuves les plus exposées à ces évolutions.
La FFF prépare sa riposte
Le tableau dressé pour la fin du siècle est plus alarmant encore. À l’horizon 2100, l’étude estime qu’il pourrait devenir impossible de pratiquer normalement le football pendant près de trois mois par an, dans certaines conditions.
Face à cette menace, la Fédération entend réagir. Elle prévoit de présenter sa stratégie d’adaptation et de nouveaux protocoles au cours du second semestre 2026, pour tenter d’anticiper ces bouleversements.
L’enjeu dépasse le seul cadre du sport. Il touche l’organisation quotidienne de milliers de clubs, souvent amateurs, dont le fonctionnement évolue déjà face à ces contraintes, à l’image des nombreuses adaptations que connaît le football amateur. La Fédération présentera ses mesures avant la fin de l’année.