Une coalition d’associations de fans venues des six confédérations réclame la démission du président de la FIFA et une refonte de la gouvernance de l’instance.
La contestation change de camp. Après les confédérations et plusieurs fédérations nationales, ce sont désormais les supporters qui s’organisent contre Gianni Infantino. Une coalition internationale d’associations de fans a mis en ligne ce jeudi une pétition réclamant la démission du président de la FIFA, accompagnée du mot-clé InfantinOut. Le texte, diffusé en plusieurs langues, demande également une réforme profonde de l’instance, afin qu’un épisode comparable à celui des dernières semaines ne puisse se reproduire.
Ce que réclame la pétition
Le texte s’ouvre sur une revendication de propriété symbolique. Les signataires y rappellent que le football appartient à ceux qui remplissent les stades et transmettent cette passion de génération en génération, avant de dénoncer un homme qui se croirait « plus important que le football lui-même ».
Les griefs dépassent le seul projet abandonné. Les associations citent également l’implication passée dans le projet de Super Ligue européenne, l’idée d’une Coupe du monde tous les deux ans, ou encore la politique tarifaire appliquée pour le Mondial 2026.
La demande se veut en deux temps. Selon les signataires, le départ du dirigeant ne constituerait qu’une première étape, qui devrait être suivie de réformes structurelles de la gouvernance pour avoir un réel effet.
Une mobilisation sur tous les continents
La coalition rassemble une quarantaine de groupes nationaux. On y trouve notamment Football Supporters Europe, Football Supporters Africa, l’Independent Supporters Council en Amérique du Nord, ainsi que des associations brésilienne, australienne et indonésienne.
Les six confédérations de la FIFA sont représentées. Côté français, l’Association nationale des supporters et les Irrésistibles Français figurent parmi les organisations signataires de ce texte commun.
Pour Ronan Evain, directeur exécutif de Football Supporters Europe, l’instance devrait repartir de zéro, les réformes engagées en 2016 ayant selon lui perdu leur portée. Il évoque même la piste de présidences tournantes, un modèle inspiré d’autres secteurs.
Un président fragilisé mais pas isolé
Cette pétition s’ajoute à une contestation institutionnelle inédite. Trois confédérations ont accusé le dirigeant de tromperie dans une lettre ouverte, tandis que l’UEFA a fait part de sa perte de confiance et évoqué un boycott des compétitions de la FIFA.
Le mouvement gagne l’intérieur de l’instance. Un vice-président du Conseil a retiré son soutien cette semaine, dans la lignée des polémiques qui s’accumulent autour de la gouvernance de la FIFA, comme lors du projet de Mondial à 64 équipes.
Le président conserve toutefois des appuis. Il garde le soutien de plusieurs fédérations, notamment en Afrique et en Amérique du Sud, et reste à ce jour le seul candidat déclaré à sa succession. Sollicitée, la FIFA n’a pas réagi publiquement, elle qui multiplie par ailleurs les initiatives commerciales.