La Premier League et l’Angleterre en danger, 109 clubs sur 116 dans le rouge selon un rapport choc

Gabriel Gromellon

14 octobre 2026 08h50

Ajouter comme source préférée sur Google
La Premier League et l’Angleterre en danger, 109 clubs sur 116 dans le rouge selon un rapport choc

Crédit Photo - IconSport

Le nouveau régulateur indépendant du football anglais dresse un constat alarmant : derrière la richesse de la Premier League, des dizaines de clubs vivent au bord du gouffre.

De l’extérieur, le football anglais ressemble à une machine à cash. Des droits TV records, des stades pleins, des transferts à plusieurs dizaines de millions. Pourtant, selon le premier grand rapport du régulateur indépendant du football anglais, le décor cache une réalité inquiétante. Sur les 116 clubs des cinq premières divisions, 109 ont perdu de l’argent la saison dernière, soit 94 %. Et pour beaucoup d’entre eux, la survie ne tient plus qu’à la bonne volonté de leurs propriétaires.

Des clubs qui ne tiendraient pas un mois

Publié mardi en version provisoire, le rapport « State of the Game » s’étend sur plus de 240 pages. Le régulateur y décrit des clubs « dangereusement exposés ». Plus de 60 % des clubs de l’EFL, de la deuxième à la quatrième division, et de la National League sont techniquement insolvables : leurs dettes dépassent la valeur de leurs actifs.

La dépendance aux propriétaires est saisissante. Selon le rapport, plus d’un quart des clubs ne pourraient pas tenir plus d’un mois si leur propriétaire retirait son soutien. « Nous avons 32 clubs qui ont moins de 30 jours de trésorerie dans leurs comptes », a résumé David Kogan, le président du régulateur, cité par Sky Sports.

Plus frappant encore : 17 clubs de l’EFL et de la National League seraient déficitaires même si leurs joueurs jouaient gratuitement.

Un fossé géant avec la Premier League

Le rapport pointe surtout un écart devenu énorme. Un club moyen de Premier League génère plus de huit fois les revenus d’un club moyen de Championship. Pour tenter de monter, beaucoup de clubs de deuxième division dépensent plus qu’ils ne gagnent. Les clubs relégués, eux, profitent des indemnités versées en cas de descente pour garder des effectifs coûteux.

La dette totale a fortement augmenté. Elle est passée d’environ 2,8 milliards de livres en 2020-2021 à 4,1 milliards en 2024-2025, et pourrait atteindre 5,1 milliards la saison prochaine. Les clubs de Premier League en portent environ les trois quarts. Le régulateur parle d’un « cocktail dangereux » entre la hausse de la dette et la dépendance aux financements des propriétaires.

Le régulateur veut agir

Pour éviter la catastrophe, le régulateur propose un plan en six points. Il demande notamment aux clubs de constituer des réserves de trésorerie plus importantes et de prévoir des plans d’urgence en cas de départ d’un propriétaire. Il pousse aussi la Premier League et l’EFL à s’entendre sur une nouvelle répartition des revenus, sous peine d’intervenir lui-même.

Le contexte est déjà tendu outre-Manche, alors que Manchester City a été jugé coupable de 114 infractions financières et que Steven Gerrard réclame une sanction exemplaire. Le football anglais n’a jamais été aussi riche, mais il n’a sans doute jamais paru aussi fragile.