Après l’avoir désavoué cet été, la Confédération asiatique de football soutient désormais la réélection de Gianni Infantino. L’UEFA reste le principal foyer d’opposition au président de la FIFA.
Le revirement est spectaculaire. Ce vendredi, lors du congrès extraordinaire de l’AFC à Tokyo, le président de la Confédération asiatique de football, le cheikh Salmane ben Ibrahim al Khalifa, a apporté son soutien à Gianni Infantino. Le dirigeant italo-suisse brigue un quatrième mandat à la tête de la FIFA. Il y a trois mois, l’AFC faisait pourtant partie des confédérations qui l’accusaient d’une rupture de confiance. Avec l’Afrique déjà acquise à sa cause, Infantino aborde l’élection de mars 2027 en position de force, face à une UEFA de plus en plus isolée.
Le revirement de l’Asie
« Nous réaffirmons notre engagement total à vous soutenir, vous et votre leadership, alors que vous briguez un nouveau mandat », a déclaré le dirigeant bahreïnien devant le congrès, selon Al Jazeera.
Le ton était tout autre cet été. Au cœur du conflit, il y avait le projet FIFA Forward Enterprise, qui prévoyait l’ouverture à des investisseurs privés du capital d’une structure chargée de gérer la Coupe du monde et d’autres compétitions. En août, l’AFC, l’UEFA et la Concacaf avaient dénoncé une « rupture fondamentale de confiance ». Le projet a été retiré, et Infantino a présenté ses excuses devant le Conseil de la FIFA pour des « erreurs ».
Le cheikh Salmane a reconnu des « problèmes » passés, tout en assurant qu’une récente réunion à Zurich avait permis de retrouver une véritable entente. L’AFC compte 47 fédérations membres, mais toutes ne suivront pas forcément la ligne de leur président.
L’Afrique déjà en ordre de marche
Infantino peut aussi compter sur la Confédération africaine de football. Le 9 octobre, la CAF a annoncé le soutien « unanime » de ses 54 fédérations à sa réélection.
Ces deux confédérations pèsent lourd, puisque chaque fédération dispose d’une voix lors du congrès électif. Ensemble, l’Afrique et l’Asie réunissent donc plus de cent votes.
L’UEFA cherche toujours un rival
En face, l’UEFA ne désarme pas. L’instance européenne a fait savoir qu’elle avait perdu confiance en Infantino et qu’elle soutiendrait un candidat crédible contre lui. Son président, Aleksander Čeferin, avait déjà réglé ses comptes avec le patron de la FIFA. En France, la FFF a retiré son soutien à Infantino en septembre.
Selon la RTBF, l’UEFA a adressé 42 questions à la FIFA sur la gestion du projet controversé, avec des réponses attendues d’ici le 2 novembre.
Le temps presse pour l’opposition. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre et, selon Al Jazeera, aucun rival ne s’était encore déclaré ce vendredi.