La Ligue de Normandie a prononcé des suspensions allant jusqu’à cinq ans et saisi la justice, ces faits constituant des infractions pénales.
La fraude a pris une forme inédite. Réunie vendredi, la commission disciplinaire de la Ligue de football de Normandie a sanctionné six clubs dont les licenciés auraient utilisé l’intelligence artificielle pour fabriquer de faux certificats médicaux. Des suspensions allant jusqu’à cinq ans ont été prononcées contre des dirigeants et des joueurs. L’affaire dépasse largement le cadre sportif, ces pratiques constituant des infractions pénales.
Des sanctions lourdes
Les peines varient selon les responsabilités. Selon le communiqué de la Ligue, cinq années de suspension ont été infligées à des joueurs et dirigeants impliqués, et trois années à un éducateur.
D’autres responsables ont été sanctionnés avec sursis. Des amendes ont également été prononcées contre les clubs, pour dissimulation ou fraude dans le cadre de demandes de licence.
Le dossier n’est pas clos. De nouveaux cas doivent être examinés par la commission d’ici le début du mois de septembre, et les personnes sanctionnées peuvent faire appel devant la Fédération.
Un risque sanitaire réel
Le certificat médical n’est pas une formalité. Il atteste qu’un examen a bien été réalisé avant la délivrance d’une licence, condition obligatoire pour toute pratique en club.
Les chiffres rappellent l’enjeu. La Ligue indique avoir recensé six cas de problèmes cardiaques sur son territoire lors de la saison passée.
La responsabilité des clubs est engagée. Si un accident survenait et qu’un certificat s’avérait falsifié, l’instance comme les clubs concernés pourraient être poursuivis.
Des faux détectables
Certains indices ont mis la puce à l’oreille. Un grand nombre de joueurs d’une même équipe consultant tous le même médecin, ou un document daté d’un jour férié, ont attiré l’attention des services de la Ligue.
Les suites judiciaires sont automatiques. L’instance est tenue de signaler ces faits au procureur de la République et à l’agence régionale de santé.
Les praticiens concernés peuvent aussi agir. L’usurpation du nom ou de la signature d’un médecin ouvre la voie à des plaintes individuelles, dans un football amateur qui connaît d’autres dérives en ce début de saison.