« Avant certaines rencontres, il se cachait dans les vestiaires pour résister aux effets secondaires horribles de la chimio », le témoignage bouleversant de la femme d’Eric Roy sur sa maladie

Maxime Guy

3 septembre 2026 20h50

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« Avant certaines rencontres, il se cachait dans les vestiaires pour résister aux effets secondaires horribles de la chimio », le témoignage bouleversant de la femme d’Eric Roy sur sa maladie

Crédit Photo - IconSport

Deux mois et demi après le décès d‘Éric Roy, emporté par un cancer du pancréas le 17 juin dernier à l’âge de 58 ans, son épouse Loetitia a accepté de témoigner dans les colonnes du Parisien. Un récit poignant qui révèle l’ampleur du combat mené en silence par l’ancien entraîneur du Stade Brestois pendant plus de trois ans.

« Dès le début, je lui ai par exemple dit de mettre une casquette. Parce qu’avec la chimio, il risquait de perdre ses cheveux. Donc il a mis une casquette, et c’est devenu emblématique de son parcours brestois. Après, il y a eu des moments difficiles où avant certaines rencontres, il se cachait dans les vestiaires pour résister aux effets secondaires horribles de la chimio. Il a dégusté, il est passé par des souffrances assez inhumaines », confie-t-elle.

Des messages inattendus reçus en pleine Coupe du monde

Le témoignage de Loetitia Roy révèle également l’émotion suscitée par le nombre impressionnant de messages de soutien reçus après le décès de son mari, venus de l’ensemble du monde du football. Elle a notamment évoqué ceux envoyés par Didier Deschamps, alors sur le banc de l’équipe de France en plein Mondial 2026 : « En pleine Coupe du monde, il m’a écrit trois messages extraordinaires. J’ai trouvé ça exceptionnel de sa part », a-t-elle affirmé.

Eric Roy voulait continuer à Brest

Loetitia Roy révèle aussi qu’Eric Roy voulait continuer une saison de plus même si la maladie le rendait très faible, notamment en fin de saison dernière : « J’ai fait ces déplacements parce qu’il ne pouvait même plus s’habiller, il arrivait à peine à marcher. Il avait des collants de contention, j’avais l’impression que ses jambes pesaient 50 kg. Là, les joueurs ont bien vu qu’il était kaput. Le pire a été le dernier match de la saison. Je n’ai même pas pu regarder sa conférence de presse tellement il était mal.

Il y a des images où tu vois Kamory Doumbia lui lever un bras devant les supporters. Lui, il est épuisé, il a mal de partout. Le lendemain, on rentre à Nice. Dans sa tête, il allait se reposer et partir sur une nouvelle saison. Moi, j’avais tout préparé pour faire l’hôpital à domicile avec un lit médicalisé. Il est rentré, et j’ai appelé mes enfants en leur disant: ‘Papa, c’est pour bientôt. Il faut que vous reveniez’. Lui me parlait encore d’aller au moins une fois à Brest. Finalement, je l’ai convaincu d’appeler son staff, qu’il avait prévenu quelques mois plus tôt, et des joueurs cadres pour leur dire. » Eric Roy avait aussi fait le nécessaire pour assurer sa succession en demandant à sa direction de nommer son adjoint, Julien Lachuer comme entraîneur des Pirates.