Le champion du monde 2018 a publié un adieu sobre sur Instagram. Derrière les mots, une saison ratée et un avenir incertain.
Quelques lignes, pas une de plus. Sur son compte Instagram, Benjamin Pavard a posté ce lundi un message d’adieu à l’Olympique de Marseille. « Une page se tourne aujourd’hui avec l’OM. Porter ce maillot restera une expérience forte dans ma carrière et dans ma vie. » Sobre, pudique, presque trop. Car derrière le ton mesuré du champion du monde 2018, il y a une saison qui n’a pas tenu ses promesses, une option d’achat à 15 millions d’euros qui ne sera pas levée, et un Inter Milan qui n’a pas non plus de plan pour lui. L’été s’annonce délicat.
Un prêt qui devait être un coup, un échec à l’arrivée
L’OM y avait cru. À l’été 2025, le club phocéen frappait fort en récupérant Pavard sous la forme d’un prêt avec option d’achat de 15 millions d’euros. Sur le papier, l’opération ressemblait à une bonne affaire : un champion du monde, vainqueur de la Ligue des champions avec le Bayern, ancien titulaire de l’Inter Milan, en pleine maturité à 29 ans. De quoi compenser le départ d’Adrien Rabiot après l’affaire avec Jonathan Rowe.
Sauf que rien ne s’est passé comme prévu. Pavard a bien disputé 36 matchs cette saison, marqué un but, délivré trois passes décisives. Mais ses prestations ont oscillé entre solide et hésitant, sans jamais convaincre la direction marseillaise. Trop d’erreurs de placement, pas assez d’autorité dans les moments chauds. Bref, pas le patron espéré.
Le retour à Milan, un piège qui se referme
Le problème, c’est que ce retour à l’Inter n’a rien d’une bouée de sauvetage. Les Nerazzurri ne veulent plus de lui non plus. Manuel Akanji, recruté définitivement à Manchester City, s’est imposé comme un titulaire indiscutable et a remporté le Scudetto. Pavard, lui, n’entre plus dans les plans de Cristian Chivu, l’entraîneur italien.
Selon le journaliste Nicolo Schira, l’Inter cherchera à le vendre dès cet été. Estimation de la transaction : entre 18 et 20 millions d’euros. Plusieurs clubs ont déjà été cités, dont Galatasaray, Neom FC en Arabie saoudite, ou encore Lille. Le Barça aurait été approché mais a refusé pour des raisons financières.
Un message qui en dit long
Relisez ses mots : « J’ai toujours essayé de tout donner sur le terrain et de représenter ce club avec respect et engagement. Je pars avec beaucoup d’émotions, des leçons et le souvenir d’un vestiaire resté uni jusqu’au bout. »
« Des leçons. » Le mot est lâché. Pavard ne ferme pas la porte, ne s’épanche pas non plus. Un petit geste, un grand changement. En un post Instagram, le défenseur acte une rupture qui se dessinait depuis des semaines et tire un trait sur une parenthèse marseillaise dont il sort professionnellement affaibli.
La référence au « vestiaire resté uni » sonne aussi comme une réponse aux rumeurs qui ont entouré le groupe phocéen toute la saison. Tensions avec De Zerbi en début d’exercice, départ contesté de Pablo Longoria et Mehdi Benatia en cours d’année, gestion compliquée du cas Mason Greenwood : l’OM a vécu une saison turbulente, conclue par une 5e place et un billet pour la Ligue Europa 2026-27.
Et maintenant ?
À 29 ans, Pavard ne peut pas se permettre une nouvelle saison sans repères. Sous contrat avec l’Inter jusqu’en 2028, il devra retrouver un projet sportif clair, idéalement en Europe et dans un club joueur. Son passage à Marseille ne sera pas la ligne dont il voudra se souvenir, mais elle pourrait au moins lui servir à se replacer. Une chose est sûre : entre l’OM qui ne veut pas payer et l’Inter qui veut le vendre, Pavard se retrouve dans une position inconfortable que peu de champions du monde ont connue.
Pour l’OM, la priorité est ailleurs. Grégory Lorenzi, le nouveau directeur sportif, doit reconstruire un effectif fragilisé. Le départ de Pavard libère un slot international et une masse salariale conséquente. Reste à trouver mieux. Ou au moins, à trouver utile.