Nice : la sanction alourdie en appel passe mal, le club saisit le CNOSF

Gabriel Gromellon

27 mai 2026 19h51

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Nice : la sanction alourdie en appel passe mal, le club saisit le CNOSF

Crédit Photo - IconSport

Le verdict de la commission d’appel de la FFF est tombé : huis clos confirmé et retrait d’un point avec sursis pour la saison prochaine.

Le scénario espéré par Nice est devenu son pire cauchemar. Ce mercredi 27 mai 2026, le club azuréen a vu son appel se retourner contre lui. Au lieu de l’allègement de sanction qu’il réclamait, l’OGC Nice a reçu une décision encore plus sévère de la Commission Supérieure d’Appel de la FFF. Deux matchs à huis clos confirmés, et en prime un retrait d’un point avec sursis pour la saison 2026-2027. Une sentence que le club qualifie sans détour d’« hérésie » dans son communiqué officiel. Et qui le pousse désormais à saisir une instance supérieure.

Une nuit de chaos à l’origine de la sanction

Pour comprendre la sévérité du dossier, il faut remonter au dimanche 17 mai 2026. Ce jour-là, l’OGC Nice concède un match nul contre Metz (0-0) lors de la 34e et dernière journée de Ligue 1. Un résultat qui condamne les Aiglons à disputer un barrage de relégation.

La réaction des supporters niçois est explosive. Des dizaines d’entre eux envahissent la pelouse de l’Allianz Riviera. Des engins pyrotechniques, notamment des mortiers, sont jetés sur le terrain et au niveau du tunnel des vestiaires. Les joueurs sont contraints de regagner les vestiaires dans la précipitation. Des dégradations sont également constatées. Une scène choquante, qui a immédiatement déclenché une enquête disciplinaire.

Une première sanction, déjà sévère

Le 20 mai, la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel a rendu un premier verdict. Sanction prononcée à l’encontre de l’OGC Nice : deux matchs à huis clos total au stade de l’Allianz Riviera, assortis d’un troisième match avec sursis.

Un petit geste, un grand changement. Cette décision avait une conséquence directe : le barrage retour face à Saint-Étienne, prévu ce vendredi 29 mai, devait se disputer dans un stade vide. Privé de ses supporters au moment le plus crucial de sa saison, le club avait immédiatement annoncé qu’il ferait appel pour tenter de récupérer son public.

Un appel qui tourne au pire scénario

Mais l’appel ne s’est pas du tout déroulé comme le club l’espérait. Ce mercredi 27 mai, la Commission Supérieure d’Appel de la FFF a non seulement maintenu le huis clos sur les deux rencontres, mais y a ajouté une sanction sportive supplémentaire : un retrait d’un point avec sursis pour la saison 2026-2027.

L’effet est dévastateur. Au lieu d’obtenir un assouplissement, Nice repart avec une peine alourdie. Une issue rare dans ce type de procédure, qui en dit long sur la fermeté affichée par l’instance d’appel. La sanction sportive, en particulier, ouvre une nouvelle inquiétude pour la saison prochaine, dont les Aiglons ignorent encore s’ils la disputeront en Ligue 1 ou en Ligue 2.

Le club dénonce une « hérésie »

La réaction niçoise n’a pas tardé. Dans un communiqué publié sur son site officiel, le club a exprimé son incompréhension. « Tout en regrettant les faits constatés, le club considère que la sanction prononcée ressemble à une hérésie », écrit la direction des Aiglons.

Le communiqué insiste sur deux points. D’abord, le préjudice sportif et émotionnel du huis clos pour un match aussi décisif. « Priver tout un stade d’un rendez-vous aussi capital apparaît, à nos yeux, comme une mesure particulièrement lourde, tant sur le plan sportif qu’émotionnel », justifie le club. Ensuite, l’inquiétude quant au retrait du point avec sursis, qui pourrait être levé dès la moindre récidive.

Un point en sursis qui inquiète

L’OGC Nice s’interroge ouvertement sur la portée réelle de cette sanction sportive. Dans le contexte actuel du football français, où l’usage de fumigènes reste fréquent dans de nombreux stades, le club estime que ce point en sursis pourrait être perdu dès les premières journées de la prochaine saison.

« Chacun sait qu’un simple usage de fumigènes est susceptible d’entraîner la levée automatique de ce sursis », signale la direction niçoise dans son communiqué. Selon le club, la sanction est donc « quasiment acquise avant même le début de la prochaine saison ». Une perspective qui passe d’autant plus mal qu’elle dépend de la conduite des supporters, sur laquelle le club n’a qu’un contrôle limité.

Le CNOSF saisi, le Tribunal Administratif en réserve

Face à cette décision jugée disproportionnée, l’OGC Nice ne compte pas en rester là. Dans son communiqué, le club a annoncé saisir le Comité National Olympique et Sportif Français afin de solliciter une conciliation. Les sanctions prises à Nantes aujourd’hui les aideront peut-être dans leur démarche au vu de la légèreté de celles-ci.

Et si cette démarche échouait, les Aiglons se réservent la possibilité d’aller plus loin encore. « Dans l’hypothèse où cette démarche n’aboutirait pas, il se réserve la possibilité de saisir le Tribunal Administratif afin de faire valoir ses droits », précise la direction. Un bras de fer juridique se profile donc, dans un timing particulièrement défavorable pour le club.

Un barrage retour à très haut risque

Pendant ce temps, le sportif rattrape l’institutionnel. Ce vendredi 29 mai, Nice doit recevoir Saint-Étienne pour le barrage retour de Ligue 1 / Ligue 2, après un match aller terminé sur un 0-0 frustrant à Geoffroy-Guichard. Une rencontre couperet, qui décidera de l’avenir des deux clubs.

Et l’Allianz Riviera devra se battre sans son public. Privée de ses supporters pour ce moment décisif, l’équipe de Claude Puel devra puiser dans ses ressources mentales pour éviter la chute en Ligue 2. Une situation que Nice n’a plus connue depuis la saison 2001-2002. Entre la procédure juridique engagée et le terrain qui appelle, le club traverse l’une des semaines les plus complexes de son histoire récente.