Nice se sauve dans un stade vide, Saint-Étienne reste à quai

Gabriel Gromellon

29 mai 2026 22h47

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Nice se sauve dans un stade vide, Saint-Étienne reste à quai

Crédit Photo - IconSport

Les Aiglons ont battu les Verts 4-1 lors d’un match retour à huis clos pour assurer leur maintien dans l’élite.

Un stade désespérément silencieux, un Dante qui tire sa révérence, un Wahi qui s’offre un doublé tueur en fin de match. Le barrage retour entre l’OGC Nice et l’AS Saint-Étienne, disputé ce vendredi 29 mai 2026 à l’Allianz Riviera, restera dans les mémoires pour mille raisons. Après le terne 0-0 de l’aller, les Aiglons ont fini par dérouler dans une rencontre étrange et tendue (4-1), validant leur maintien en Ligue 1. Pour les Verts, c’est la cruelle confirmation d’une montée manquée. Retour sur un soir hors norme dans le sud.

Une ambiance fantôme à l’Allianz Riviera

Le premier élément marquant n’avait rien à voir avec le ballon. À l’entrée des joueurs sur la pelouse, l’Allianz Riviera offrait une image rarissime : un stade totalement vide. Conséquence du huis clos prononcé contre Nice après les incidents face à Metz, aucun supporter n’avait été autorisé à assister à ce match couperet.

Le préfet des Alpes-Maritimes avait même signé un arrêté interdisant aux fans niçois de circuler dans tout un périmètre autour du stade et du centre d’entraînement. Une atmosphère totalement irréelle pour un match dont l’enjeu était pourtant immense. Sur la pelouse, l’arbitre Ruddy Buquet a donné le coup d’envoi dans un silence assourdissant.

Saint-Étienne dominateur en première période

Privés de leur public, les Niçois ont eu beaucoup de mal à entrer dans leur match. Saint-Étienne, en revanche, est rapidement apparu sur le pied de guerre. Dès la 9e minute, Cardona pensait même avoir ouvert le score sur un centre venu de la droite, mais le but a été refusé après vérification : Stassin était hors-jeu.

Un petit geste, un grand changement. Les Verts ont continué de pousser, multipliant les occasions. Stassin a frôlé l’ouverture du score à la 19e minute, Wahi a touché un poteau pour Nice à la 20e, puis Larsonneur, le portier stéphanois, a réalisé une parade décisive sur une tête de Dante à la 39e. Au repos, malgré la domination stéphanoise dans les tirs (7 contre 6), le score était toujours nul et vierge.

Clauss délivre Nice à la 62e

Au retour des vestiaires, le scénario s’est progressivement inversé. Et c’est sur une action presque improbable que les Aiglons ont fini par débloquer la situation. À la 62e minute, Antoine Mendy a réalisé une touche longue depuis le côté droit, vers la surface stéphanoise.

La défense des Verts a mal négocié le dégagement, et Jonathan Clauss s’est saisi du ballon pour catapulter une reprise de volée du gauche au premier poteau. Imparable pour Larsonneur. Les Stéphanois ont contesté le but, estimant que Mendy avait déjà un pied sur la pelouse au moment d’effectuer sa touche. Mais le VAR n’a rien signalé.

Davitashvili relance tout sur penalty

Saint-Étienne n’a pas baissé les bras. À la 76e minute, l’arbitre a été invité à consulter la vidéo pour une main de Mendy, bras décollé, derrière un duel entre Nade et Dante. Après visionnage, Ruddy Buquet a accordé le penalty aux Verts.

Zuriko Davitashvili s’est chargé de le transformer à la 79e. Frappe ferme du droit, gardien Diouf parti du mauvais côté, c’est 1-1 et tout est à refaire. Au même moment, un événement émouvant s’est produit : le capitaine brésilien Dante a été remplacé par Bah, et a quitté pour de bon le terrain. À 42 ans, le défenseur disputait là son tout dernier match professionnel.

Le retournement de Boudache

L’égalisation stéphanoise aurait pu lancer une fin de match folle, propice à tous les scénarios. Elle a au contraire libéré les Niçois. Deux minutes seulement après le but de Davitashvili, Nice a repris l’avantage de la plus belle des manières.

À la 81e minute, à l’entrée de la surface côté droit, Kévin Boudache a déclenché une frappe du gauche imparable. Le portier stéphanois Larsonneur n’a rien pu faire. À 2-1, les Aiglons reprenaient la maîtrise de leur destin, dans un stade qui n’a même pas pu célébrer le but comme il l’aurait mérité.

Le doublé tueur d’Elye Wahi

Le coup de grâce est venu de l’attaquant niçois Elye Wahi, l’un des hommes les plus en vue de la rencontre. À la 87e minute, servi par Louchet dans la profondeur, l’ancien Lensois s’est infiltré dans la surface avant de prendre Larsonneur à contre-pied. 3-1, et fin du suspense.

Mais Wahi n’en avait pas terminé. Dans le temps additionnel, à la 90e+2, lancé par Diop, il a parcouru tout le terrain depuis son camp avant de s’infiltrer une nouvelle fois dans la surface adverse. Un petit lob parfait, et le doublé est dans la boîte. 4-1, score final, et Nice peut enfin souffler après une fin de saison cauchemardesque.

Dante dit adieu en larmes

Au-delà du résultat, cette soirée restera marquée par l’émotion du dernier match d’une légende. Dante, capitaine du club, a définitivement raccroché les crampons à l’âge de 42 ans. Sa sortie à la 78e minute a constitué un moment fort de la rencontre, malgré le huis clos.

Arrivé à Nice en 2016, le Brésilien a écrit certaines des plus belles pages récentes du club. Sa carrière, qui l’a aussi conduit en Allemagne, notamment au Bayern Munich, s’achève sur un sauvetage à l’arraché. Il a quitté la pelouse les yeux humides, après plus de deux décennies sur les terrains. Une page se tourne dans le sud.

Saint-Étienne, la cruelle désillusion

Pour Saint-Étienne, en revanche, c’est la douche froide. Troisième de Ligue 2, les Verts rêvaient de retrouver l’élite après une saison difficile. Après avoir gâché l’avantage du Chaudron à l’aller, ils n’ont pas su saisir leur chance lors du retour.

Sur l’ensemble des deux matchs, le score cumulé de 4-1 traduit finalement bien la supériorité niçoise sur la double confrontation. Les Stéphanois disputeront donc encore la prochaine saison en Ligue 2. Une terrible désillusion pour les hommes de l’entraîneur, qui devront vite tourner la page pour préparer un nouvel exercice à l’échelon inférieur. Nice, lui, se sauve sur le fil. Un soulagement après une semaine plombée par les sanctions, les interdictions et les coups durs en interne. Le maintien est là. Reste à reconstruire.