Coupe du monde 2026 : Cristiano Ronaldo déjà dans la tourmente avant le grand rendez-vous

Gabriel Gromellon

11 juin 2026 13h00

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Coupe du monde 2026 : Cristiano Ronaldo déjà dans la tourmente avant le grand rendez-vous

Crédit Photo - IconSport

Maladroit lors du dernier match de préparation du Portugal, la star de 41 ans relance le débat sur sa place dans une équipe pourtant pleine de talents.

Pour ce qui ressemble à sa dernière danse mondiale, Cristiano Ronaldo aurait rêvé d’une entame plus rassurante. Ce mercredi 10 juin 2026, le Portugal a bouclé sa préparation par une victoire poussive face au Nigeria (2-1), avant de s’envoler pour les États-Unis. Mais au lieu de célébrer ce succès, les projecteurs se sont braqués sur les ratés de sa légende. À 41 ans, le quintuple Ballon d’Or inquiète, et les critiques pleuvent déjà. Faut-il craindre que son aura ne bride une sélection débordante de jeunes talents ? Le débat est lancé.

Une victoire qui masque mal les doutes

Sur le papier, la Seleção a fait le travail. À Leiria, les coéquipiers de Ronaldo se sont imposés grâce à des réalisations de Pedro Neto, dès la 23e minute, et de Francisco Conceição, à la 75e. Entre les deux, le Nigeria avait égalisé par Akor Adams, profitant d’une certaine fragilité défensive portugaise.

Un petit geste, un grand changement. Finir la préparation par un succès reste une bonne chose pour le moral. Mais ce sont surtout les profils des buteurs qui interpellent : deux ailiers véloces et gauchers, symboles de la nouvelle génération dorée du Portugal. Une équipe qui semble capable de briller sans dépendre de sa star vieillissante. Une réalité qui ne fait qu’alimenter les interrogations.

Un Ronaldo aux occasions gâchées

Car de son côté, le capitaine a connu une soirée à oublier. La star d’Al-Nassr s’est montrée particulièrement maladroite dans le dernier geste. Dès la 8e minute, il a manqué une énorme occasion, avant d’en gâcher une nouvelle au retour des vestiaires.

Le constat est sans appel : Ronaldo a bouclé toute la préparation portugaise sans inscrire le moindre but. Lui qui convertissait jadis ces situations les yeux fermés a affiché une frustration grandissante, avant d’être remplacé par Gonçalo Ramos peu après l’heure de jeu. De quoi nourrir les doutes sur sa capacité à rester décisif au plus haut niveau, à 41 ans.

Les fantômes de l’Euro 2024 ressurgissent

Cette prestation a fait remonter de mauvais souvenirs chez les observateurs. Beaucoup redoutent un scénario déjà vécu il y a deux ans, lors de l’Euro 2024. Une compétition durant laquelle CR7 avait été un titulaire indéboulonnable, sans jamais trouver le chemin des filets.

La crainte est claire : voir l’âge avancé de la légende pénaliser la jeunesse triomphante de la sélection. Lors du match face au Nigeria, certains se sont d’ailleurs ouvertement demandé pourquoi le sélectionneur l’avait maintenu sur la pelouse au retour des vestiaires. Une interrogation qui en dit long sur la fragilité du statut, autrefois intouchable, du quintuple Ballon d’Or.

Martinez assume et tempère

Face à la polémique naissante, le sélectionneur a tenu à calmer le jeu. Roberto Martinez a expliqué que le temps de jeu de chacun avait été soigneusement planifié, et que rien n’avait été laissé au hasard concernant son capitaine.

« Nous avions un plan pour tous les joueurs, avec beaucoup d’informations », a justifié le technicien espagnol après la rencontre. Et de préciser : « Cristiano devait jouer entre 45 et 60 minutes lors des deux matchs. Nous avons respecté les plans prévus pour tous les joueurs. » Une manière d’évacuer la question, en présentant cette gestion comme une simple stratégie de préparation physique, et non comme un signal d’alarme.

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L’Angleterre n’épargne pas la légende

Les explications du coach n’ont toutefois pas suffi à éteindre les critiques, particulièrement vives outre-Manche. Le tabloïd Daily Mail a évoqué une soirée à oublier pour le Portugais, soulignant que le débat fait rage sur le rôle du vétéran à l’aube de la compétition.

L’ancienne gloire de Liverpool, John Barnes, s’est montrée encore plus tranchante. Selon lui, Ronaldo n’aura plus l’impact d’antan sur l’ensemble d’un match. Le consultant estime surtout que la domination de la star sur l’équipe, parce qu’il reste « Cristiano Ronaldo », pourrait empêcher des joueurs comme Bruno Fernandes de s’exprimer pleinement. « Tout tourne autour de Ronaldo, et je ne pense pas que cela va aider », a-t-il analysé.

Un système qui s’émancipe de sa star

Ce débat est d’autant plus vif que le Portugal semble avoir trouvé d’autres solutions. Le match face au Nigeria a illustré une nouvelle réalité : la Seleção apprend à jouer efficacement sans dépendre entièrement de son numéro 7. Une mutation tactique notable.

Avec un milieu de terrain dominateur et des ailiers tranchants, l’équipe de Martinez dispose d’un réservoir de talents impressionnant. Bernardo Silva, João Félix, les Parisiens Vitinha, João Neves et Nuno Mendes, sans oublier les jeunes pépites : le Portugal n’a jamais semblé aussi riche. La question est désormais de savoir comment intégrer Ronaldo à ce collectif, sans en briser l’équilibre.

Une statistique qui le poursuit

Au-delà des critiques, un chiffre résume le défi qui attend la légende. Avec 143 buts en 228 sélections, Ronaldo est le meilleur buteur de l’histoire du football international. Pourtant, une anomalie subsiste dans son immense palmarès.

Jamais, en plusieurs participations, le Portugais n’a marqué lors d’une phase à élimination directe d’une Coupe du monde. Une lacune surprenante pour un joueur de ce calibre, qu’il rêve de combler pour ce qui pourrait être sa sixième et dernière participation au tournoi, un record absolu qu’il égalerait. L’occasion ou jamais d’écrire une dernière belle page.

Un dernier défi pour faire taire les doutes

Au fond, cette polémique précoce place Ronaldo face à un défi immense : prouver qu’il a encore sa place au sommet. Versé dans un groupe relevé aux côtés de la Colombie, de l’Ouzbékistan et de la RD Congo, le Portugal fait figure de sérieux candidat, mais devra trouver le bon équilibre.

Le rendez-vous est fixé au 17 juin, à Houston, pour l’entrée en lice face à la RD Congo. Ronaldo aura alors l’occasion de répondre sur le terrain à ses détracteurs, comme il l’a si souvent fait au cours de sa carrière hors norme. La légende fera-t-elle mentir les sceptiques une dernière fois ? Le Mondial américain nous le dira. Une chose est sûre : à 41 ans, CR7 a encore un dernier rêve à accomplir, et toute une planète football qui l’observe.