L’attaquant ivoirien restera aux États-Unis pendant que ses coéquipiers affrontent l’Allemagne à Toronto, faute d’avoir pu entrer au Canada.
Voilà une absence qui soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. À la veille du choc face à l’Allemagne, ce samedi à Toronto, la Côte d’Ivoire a appris qu’elle devrait se passer d’Elye Wahi. Le motif officiel ? Un refus d’entrée sur le territoire canadien. Mais derrière cette formulation administrative se cache un contexte autrement plus lourd, celui d’une enquête ouverte en France pour des soupçons de paris truqués. La fédération, elle, se garde bien de faire le lien.
Ce qu’a annoncé la fédération ivoirienne
Le couperet est tombé ce jeudi 18 juin. Dans un communiqué, la Fédération ivoirienne de football (FIF) a expliqué que les autorisations administratives nécessaires à l’entrée de son joueur au Canada n’avaient pu être obtenues à ce stade.
Conséquence directe : l’attaquant ne fera pas le déplacement avec la délégation et restera aux États-Unis en attendant le retour de l’équipe. L’instance n’a toutefois pas détaillé les raisons précises de ce refus, entretenant le flou.
Un choc décisif à Toronto
L’absence tombe au pire moment. Après leur victoire arrachée face à l’Équateur lors de leur entrée en lice, les Éléphants abordaient ce deuxième rendez-vous avec ambition. Le match face à l’Allemagne, programmé samedi à 22 heures, pourrait bien décider de la première place du groupe E.
Or l’adversaire impressionne. La Mannschaft a démarré son Mondial par une démonstration contre Curaçao. De quoi mesurer l’ampleur du défi qui attend une Côte d’Ivoire amputée de l’un de ses atouts offensifs. Pour situer les forces en présence, le classement actualisé de la compétition donne déjà un premier aperçu des rapports de force.
L’affaire des paris sportifs en toile de fond
Difficile de ne pas faire le rapprochement avec l’actualité du joueur. Mercredi, le média The Athletic a révélé qu’il avait été entendu par la police française le 29 mai, dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de paris truqués.
Les faits remonteraient au 17 mai. Ce jour-là, lors de la dernière journée de Ligue 1, l’attaquant aurait écopé d’un carton jaune à la 35e minute pour une faute sur le Messin Sadibou Sané, alors que l’OGC Nice jouait son maintien. Un avertissement qui aurait depuis attiré l’attention des autorités.
Ce que dit la Ligue, ce qui reste à prouver
La Ligue de football professionnel a confirmé l’existence d’alertes. Elle indique avoir été prévenue par ses partenaires spécialisés dans la surveillance des marchés de paris d’un volume inhabituel de mises portant sur un avertissement impliquant le joueur.
La LFP précise avoir déposé une plainte contre X le 29 mai pour des faits susceptibles de relever de la corruption sportive et de l’escroquerie en bande organisée. Le joueur, placé en garde à vue puis libéré sans charge retenue, bénéficie de la présomption d’innocence. L’enquête se poursuit.
La FIF affiche son soutien
Face à la tempête médiatique, la fédération ivoirienne a choisi de soutenir son joueur. Elle dit avoir pris connaissance des articles parus ce mercredi 17 juin et affirme n’avoir été officiellement saisie d’aucune procédure judiciaire ou administrative le concernant.
Dans cette période qu’elle qualifie de particulièrement délicate, l’instance réaffirme sa confiance et rappelle que l’attaquant demeure un élément important de la sélection. Une prise de position claire, là où le refus canadien, lui, reste sans explication officielle.
Beaucoup de questions, peu de certitudes
Reste donc une équation à plusieurs inconnues. Le refus d’entrée au Canada est-il lié à l’enquête française ? Ni la FIF ni les autorités n’ont établi de lien, et rien ne permet à ce stade de l’affirmer.
Une chose est sûre : privée de son joueur, la Côte d’Ivoire devra trouver d’autres solutions pour bousculer l’Allemagne. La suite du parcours des Éléphants, à retrouver dans le calendrier complet du Mondial, dira si cette absence aura pesé lourd.