L’ailier de la Belgique a momentanément abandonné la Coupe du monde pour assister à l’arrivée de son premier enfant, avant de revenir aussitôt.
Et si, parfois, un événement dépassait largement le cadre d’un terrain de football ? C’est l’histoire de Jérémy Doku. En plein Mondial, l’ailier belge a pris un avion en urgence pour Londres, le temps d’un aller-retour pas comme les autres. La raison ? La naissance de son premier enfant. Un moment intime, qui a pourtant déclenché un débat bien au-delà des frontières belges. Récit d’une parenthèse familiale au cœur de la plus grande compétition de la planète.
Une autorisation spéciale en pleine compétition
Tout s’est joué dans l’urgence. Avant le match de la Belgique face à l’Iran, dimanche, Doku a reçu un message : l’accouchement de sa compagne Shireen était imminent. Il fallait décider, vite.
En concertation avec le staff médical des Diables Rouges, la décision a été prise de le laisser rejoindre temporairement sa famille à Londres. Un petit geste, un grand changement : le joueur a pu être présent pour accueillir son fils, prénommé Praise.
Le sélectionneur Rudi Garcia a validé le voyage, et le joueur a même été accompagné par l’un des médecins de l’équipe. La fédération belge a salué la naissance dans un communiqué empreint d’émotion.
Une santé fragile, mais aucun obstacle au voyage
Ce départ a aussi été facilité par un concours de circonstances. Gêné par une infection respiratoire depuis le début du tournoi, l’ailier de Manchester City n’avait de toute façon pas pu tenir sa place face à l’Iran.
Sous antibiotiques depuis plusieurs jours, il était déjà soigné. Le médecin de la sélection, Brahim Hacene, a confirmé que ce traitement ne représentait aucun risque pour un voyage transatlantique.
Son absence n’a pas aidé une équipe en difficulté, comme l’a illustré ce match nul où la Belgique s’est enlisée face à un Iran héroïque. Mais sur le moment, la priorité de Doku était ailleurs.
Une polémique qui a dépassé le sport
Là où l’histoire prend une autre dimension, c’est dans le débat qu’elle a suscité. Le choix du joueur de quitter, même brièvement, la compétition a fait réagir, parfois vivement.
Des propos tenus par une journaliste de L’Équipe, minimisant le rôle du père lors d’un accouchement, ont provoqué un tollé. La chaîne a fini par mettre la journaliste en retrait de l’antenne, se désolidarisant de ces déclarations et présentant ses excuses au joueur.
Des médias internationaux comme la BBC ont pris la défense de Doku, résumant un sentiment largement partagé : vouloir assister à la naissance de son enfant ne devrait pas prêter à controverse. Le joueur, lui, est apparu touché par ce bruit autour d’un choix profondément personnel.
Un retour express pour un match décisif
Place, désormais, au sport. Après ce moment riche en émotions, Doku est attendu dès mardi soir à Seattle pour retrouver ses coéquipiers.
Il pourrait postuler à une place dans le onze pour le troisième match, samedi face à la Nouvelle-Zélande, à Vancouver. Et l’enjeu est de taille : sans victoire jusqu’ici, les Diables Rouges doivent impérativement s’imposer pour rallier le tour suivant, comme le rappelle le classement actualisé du Mondial.
Au fond, cette parenthèse restera peut-être le plus beau souvenir de son tournoi. Quoi qu’il advienne sur le terrain, Jérémy Doku aura prouvé qu’il existe des rendez-vous qu’on ne manque pour rien au monde. Et samedi, il aura à cœur de fêter ça par une victoire.