Emmanuel Petit confie son regret de ne plus avoir de nouvelles de Stéphane Guivarc’h, son coéquipier du sacre de 1998.
Et si certains liens, même les plus glorieux, finissaient par se distendre ? On imagine les champions du monde 1998 unis pour toujours, soudés par cet été magique. La réalité est plus nuancée. Dans un entretien à L’Équipe, Emmanuel Petit a livré une confidence touchante : l’un de ses anciens partenaires manque à l’appel des retrouvailles. Son nom ? Stéphane Guivarc’h, l’avant-centre de la finale. Un absent dont le silence intrigue autant qu’il attriste ses anciens compagnons de route.
Le regret sincère d’Emmanuel Petit
Interrogé sur le joueur qu’il aimerait revoir, l’ancien milieu de terrain n’a pas hésité. C’est le nom de Guivarc’h qui lui est venu, avec une pointe de nostalgie.
« Cela fait trop longtemps qu’on n’a plus de ses nouvelles », confie-t-il. Petit reconnaît avec honnêteté qu’il ignore les raisons de cet éloignement. Il évoque des rumeurs, sans les reprendre à son compte, regrettant simplement que son ancien partenaire ait souhaité couper les ponts avec cette aventure.
Un petit geste, un grand changement : il suffirait d’un dîner, d’un appel, pour renouer. « Son nom revient souvent quand on se retrouve. Quelque part, il nous manque », glisse l’ancien d’Arsenal.
Une bande soudée, mais pas au complet
Depuis ce 12 juillet 1998 et la victoire face au Brésil au Stade de France, les champions du monde ont gardé le contact. Ils ont créé une association et se retrouvent chaque année autour d’un dîner.
Lors de leurs réunions, on croise régulièrement Zinedine Zidane, Laurent Blanc, Bixente Lizarazu, Christophe Dugarry ou Robert Pirès. Mais quelques visages manquent, et celui de Guivarc’h est le plus marquant de ces absences.
Petit, lui, sait de quoi il parle. Il raconte avoir lui-même pris ses distances avec l’association pendant quinze ans, avant de revenir. « Je me suis dit : arrête d’en faire une histoire personnelle », confie-t-il, lucide sur ses propres errements passés.
Guivarc’h, l’attaquant à part de 98
Le parcours de Guivarc’h dans cette épopée a quelque chose d’unique. Avant-centre titulaire en finale, il n’a pourtant inscrit aucun but durant la compétition.
Un paradoxe qui a parfois injustement résumé son apport, alors qu’il fut un attaquant respecté, passé par Auxerre, Rennes ou Newcastle. Discret, il s’est ensuite éloigné des projecteurs, à l’image de son retrait actuel. Cette génération reste pourtant une référence, comme le rappelle ce classement des plus grands joueurs de l’histoire des Bleus.
Vingt-huit ans après, le lien créé cet été-là demeure indéfectible pour la plupart. Petit le résume joliment : c’est quelque chose qui les dépasse, qui ne leur appartient pas vraiment, mais qui les unit jusqu’à la fin de leur vie.
Une porte qui reste ouverte
Au fond, le message de Petit ressemble à une main tendue. Sans juger ni insister, il dit simplement son envie de retrouvailles, en respectant le choix de son ancien partenaire.
Peut-être qu’un jour, au détour d’un dîner, le groupe sera enfin au complet. En attendant que les Bleus actuels écrivent leur propre histoire, à suivre via le calendrier du Mondial, la porte, elle, restera grande ouverte.