C’est un rapport transmis au gouvernement qui va faire du bruit. L’association Territoires d’événements sportifs préconise une triple candidature : Euro féminin 2033, Euro masculin 2036 et Mondial 2038.
Et si, dans douze ans à peine, la planète foot avait à nouveau rendez-vous dans l’Hexagone ? Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein sur le continent américain, un rapport tombé ce mardi remet le sujet des grandes compétitions au cœur du débat français. Le quotidien L’Equipe a pu mettre la main dessus. L’association Territoires d’événements sportifs, qui regroupe des collectivités d’accueil, recommande à la France de postuler à plusieurs grands événements à venir, dont la Coupe du monde 2038. Une perspective séduisante, mais qui devra encore franchir bien des étapes.
Un rapport remis ce samedi à la ministre
Le document n’est pas anodin. Pavé de 118 pages, il a été commandé fin 2024 par le ministère des Sports pour dresser un bilan complet des grands stades français.
Il sera remis officiellement à la ministre Marina Ferrari ce samedi, à l’occasion de la finale du Top 14 au Stade de France. Sa septième recommandation, sur quinze, propose à la France de postuler à plusieurs compétitions internationales de football.
Un triplé qui en dit long sur l’ambition
Concrètement, l’association suggère trois cibles. L’Euro féminin 2033, pour mobiliser des stades de jauge intermédiaire. L’Euro masculin 2036, dans la continuité du succès de l’édition 2016. Et surtout, la grand-messe planétaire, la Coupe du monde 2038.
Un petit geste, un grand changement : décrocher l’un seulement de ces tournois suffirait à enclencher une nouvelle vague de modernisation du parc national des enceintes, dans la lignée de ce qu’avait permis l’Euro 2016.
Un atout, une « capacité d’organiser seule »
Pour défendre cette idée, le rapport met en avant un argument central. La France figurerait parmi les rares pays au monde encore capables d’organiser seule un grand événement sportif de cette ampleur.
Face à la pénurie de candidatures et à l’augmentation des exigences imposées par la FIFA, ce statut représente un avantage stratégique réel. Une vingtaine de collectivités, comme Lyon, Marseille, Bordeaux ou Rennes, ont été sondées pour évaluer leur capacité d’accueil.
L’option d’une co-organisation avec l’Allemagne
Pour optimiser ses chances, l’association suggère toutefois une autre piste. Selon le rapport, la France maximiserait certainement davantage ses chances en s’associant avec un autre pays européen comme l’Allemagne.
L’objectif serait notamment de limiter le bilan carbone d’une compétition désormais XXL, avec 48 équipes et un nombre de matchs en hausse. Un argument écologique de plus en plus déterminant dans les choix de la FIFA.
Une exemplarité environnementale en étendard
L’enjeu durable est même placé au cœur de l’argumentaire. Après l’attribution du Mondial 2034 à l’Arabie saoudite et un format toujours plus lourd, les rapporteurs estiment qu’il faudra revenir à un modèle plus respectueux des exigences écologiques.
Le rapport évoque enfin une possibilité supplémentaire : une candidature pour une édition de la Coupe du monde des clubs de la FIFA, à l’horizon 2033 ou 2037, si ce nouveau format s’inscrit dans la durée.
Tout cela en pleine épopée des Bleus
Cette projection à long terme intervient au moment où le foot tricolore vit déjà une grande aventure. Les hommes de Didier Deschamps sont, eux, lancés dans la quête d’une troisième étoile, à suivre via le calendrier complet du Mondial.
De Kylian Mbappé, qui multiplie les mises en garde envers les futurs adversaires, aux supporters tricolores, tout le pays vibre déjà au rythme du tournoi nord-américain.
Reste à transformer l’essai
Ces recommandations ne sont pour l’instant qu’une feuille de route. Rien n’indique que le gouvernement et la FFF s’en empareront pour officialiser des candidatures, qui restent par ailleurs soumises aux règles d’alternance de la FIFA.
Mais l’idée d’un retour de la Coupe du monde en France, douze ans après le Mondial américain, a au moins le mérite de faire rêver. À nous, désormais, de voir si elle prendra la forme d’un dossier officiel.