Face aux accusations égyptiennes, le patron de l’arbitrage mondial Pierluigi Collina a justifié le but annulé et balayé toute idée de pression extérieure.
La FIFA ne pouvait pas laisser passer. Alors que l’Égypte a déposé une plainte officielle après son élimination face à l’Argentine, le directeur de l’arbitrage mondial est monté au créneau. Dans un entretien publié sur le site de l’instance, Pierluigi Collina a défendu point par point le travail de ses arbitres. Sa réponse, ferme, vise autant à justifier les décisions contestées qu’à couper court aux soupçons de favoritisme. Et l’ancien arbitre italien n’a pas mâché ses mots.
« Personne ne nous influence, pas même le président »
Le message central est sans ambiguïté. Collina martèle que sa division travaille en toute indépendance, à l’abri de toute pression. « Personne ne peut affirmer que l’arbitrage FIFA soit influencé par quiconque, pas même le président de la FIFA », a-t-il déclaré.
Une phrase qui résonne dans un contexte particulier, alors que l’institution a été éclaboussée ces derniers jours par l’affaire Balogun et l’intervention de Donald Trump auprès de Gianni Infantino. La FIFA avait déjà dû se justifier sur ce dossier.
L’Italien a aussi condamné fermement les accusations infondées, rappelant qu’elles peuvent déboucher sur des menaces visant les arbitres et leurs familles. Pour lui, c’est inacceptable.
Le but annulé de l’Égypte, décision assumée
Collina s’est ensuite attardé sur le cœur de la polémique : le but refusé à Mostafa Zico. Il assume totalement la décision et l’explique par une règle précise.
Après chaque but, la vidéo vérifie toute la phase de possession qui l’a précédé. Si une faute est détectée dans la construction de l’action, elle peut être sanctionnée, sans aucune limite de distance ou de temps par rapport au but. « Une faute reste une faute », résume-t-il, qu’elle paraisse évidente ou non.
Dans le cas égyptien, le milieu Marwan Attia avait clairement marché sur le pied de Lisandro Martinez au départ de l’action. Une infraction qui, selon la FIFA, justifiait l’annulation du but. L’Égypte, elle, a saisi l’instance pour contester cet arbitrage.
Un second cas pour illustrer la cohérence
Pour montrer que la règle a été appliquée sans parti pris, Collina a pris un deuxième exemple, tiré du même match. En fin de rencontre, l’Égypte réclamait un penalty pour un contact entre Mohamed Salah et Julian Alvarez.
Cette fois, l’arbitre et la vidéo ont estimé qu’il s’agissait d’un contact normal, faisant partie du jeu. La nuance, selon lui, tient à un principe simple : marcher sur le pied d’un adversaire est une faute, mais un défenseur qui touche d’abord le ballon avant un contact ne commet pas d’infraction.
Collina reconnaît toutefois qu’une part de subjectivité demeure inévitable dans certaines décisions. Il se dit malgré tout satisfait de l’application de cette règle depuis le début du tournoi.
Reste que cette mise au point ne suffira sans doute pas à apaiser la colère égyptienne. La plainte, elle, est toujours sur le bureau de la FIFA, et le débat sur le VAR continuera d’accompagner ce Mondial jusqu’à sa dernière rencontre.