Selon le Times, le président de la commission de discipline a levé seul la suspension de l’attaquant américain, sans consulter les 17 autres membres.
L’affaire Balogun n’a pas fini de faire des vagues. Une semaine après l’élimination des États-Unis, une révélation du Times relance la polémique sur la décision qui avait permis à l’attaquant américain de disputer le huitième de finale face à la Belgique. Alors que la FIFA n’a cessé de mettre en avant l’indépendance de ses instances, le quotidien britannique dévoile que la levée de suspension a été validée par une seule personne. De quoi nourrir les soupçons, dans un dossier déjà marqué par l’intervention de Donald Trump.
Un homme seul face au dossier
Le nom est désormais connu : Mohammad Al Kamali, président émirati de la commission de discipline de la FIFA. Selon les informations de Martyn Ziegler, journaliste du Times, c’est lui, et lui seul, qui a décidé de suspendre l’application de la sanction.
La commission compte pourtant dix-huit membres. Aucun des dix-sept autres n’aurait été consulté sur ce cas, pourtant historique. Car il s’agit de la première fois qu’une suspension automatique après un carton rouge est levée en Coupe du monde.
Ce point est essentiel : la FIFA avait justifié sa décision en invoquant l’article 27 de son code disciplinaire, sans jamais préciser qui l’avait prise. Gianni Infantino avait pourtant longuement défendu l’indépendance de ses instances.
Une pratique légale, mais très opaque
Nuance importante : cette décision solitaire n’est pas illégale. Le règlement de la FIFA autorise le président de la commission à statuer seul dans certains cas, ou à déléguer ce pouvoir.
Le Financial Times révèle même que les cent dix dernières décisions publiées par cette commission ont toutes été rendues par un seul juge. La pratique est donc courante, mais rarement mise en lumière sur un dossier aussi sensible.
Le vrai problème est ailleurs : la FIFA a refusé de publier les motifs écrits de sa décision. Elle s’est contentée d’évoquer « les circonstances spécifiques de l’incident », sans plus d’explications. Une opacité qui alimente les critiques.
Miguel Maduro, ancien président du comité de gouvernance de l’instance, a résumé le sentiment général : selon lui, la FIFA se cache derrière la prétendue indépendance de sa commission.
Le malaise persiste, notamment en France
Cette révélation ravive les tensions. On rappelle que Donald Trump avait publiquement reconnu avoir appelé Infantino au sujet du carton rouge, avant que la suspension ne soit levée. L’UEFA avait qualifié la décision d’incompréhensible et injustifiable.
La FFF avait, elle aussi, tenté sa chance. Après l’affaire Balogun, elle avait demandé le retrait du carton jaune infligé à Michael Olise face au Paraguay. Requête rejetée. La différence de traitement avait alors interpellé côté français.
Balogun, lui, a écopé d’une amende de 40 000 dollars, sanctionné pour son expulsion et pour avoir célébré la victoire sur le terrain malgré son carton rouge.
Sur le terrain, l’histoire s’est chargée de trancher : les États-Unis ont été balayés par la Belgique (4-1), et Balogun est passé totalement à côté de son match. Reste une question en suspens, celle de la transparence de la FIFA.