Vivement critiqué par son ancien coéquipier de 1998 après l’élimination des Bleus, le sélectionneur a balayé la polémique d’un revers de main.
Entre eux, le courant n’est jamais passé. Après l’élimination de l’équipe de France contre l’Espagne, Christophe Dugarry a lourdement chargé Didier Deschamps sur RMC, remettant en cause son bilan et sa légitimité. Trois jours plus tard, en conférence de presse avant la petite finale, le sélectionneur a été interrogé sur ces propos. Sa réponse a été aussi brève que glaciale. Deschamps n’a pas voulu entrer dans le jeu, renvoyant sèchement les journalistes à leurs questions. Récit d’un clash à distance.
La charge de Dugarry
Le consultant n’a pas fait dans la demi-mesure. Sur le plateau de Rothen s’enflamme, le champion du monde 1998 a estimé que le jeu des Bleus était pauvre et que le bilan de Deschamps était largement surévalué.
Sa formule la plus cinglante vise le palmarès. Selon Dugarry, sur l’ensemble des grandes compétitions disputées avec des générations de talents, Deschamps n’en a remporté qu’une seule, ce qui le placerait au même niveau qu’Aimé Jacquet et Roger Lemerre.
L’attaque n’est pas nouvelle. Les deux hommes, coéquipiers à Bordeaux puis en sélection, ne se sont jamais appréciés, et Dugarry critique le style de jeu des Bleus depuis des années.
La riposte glaciale du sélectionneur
Interrogé sur ces mots, Deschamps a refusé de s’étendre. Il a d’emblée invité les journalistes à passer à autre chose, jugeant qu’il n’avait pas à répondre à ce type de critiques.
Le sélectionneur a assumé son détachement, affirmant que chacun était libre de dire ce qu’il voulait sans que cela ne l’atteigne. Il a toutefois reproché à la presse d’aller systématiquement chercher les avis négatifs pour provoquer sa réaction.
D’un ton ironique, il a conclu en feignant d’annoncer que sa relation avec Dugarry était parfaite. Une pique qui en dit long sur l’inimitié entre les deux hommes, à quelques jours de son départ acté, alors que son successeur prépare déjà sa révolution.
Un bilan qui reste à défendre
Sur le fond, la comparaison de Dugarry mérite nuance. Deschamps a bien remporté la Coupe du monde 2018, mais aussi la Ligue des nations 2021, et il a atteint deux autres finales majeures.
Il reste surtout le sélectionneur le plus capé et le plus victorieux de l’histoire des Bleus, avec quatorze ans de longévité à un poste réputé usant. Un record que ses détracteurs eux-mêmes ne contestent pas.
Le Basque disputera son tout dernier match samedi contre l’Angleterre, pour la troisième place. Un rendez-vous qu’il aborde avec le plus grand sérieux, comme le montre son refus d’accorder une permission à ses joueurs. De quoi tenter de faire taire, une dernière fois, ses critiques.