L’Argentine a profité d’une erreur du VAR, l’IFAB avoue qu’Embolo n’aurait jamais dû être expulsé

Gabriel Gromellon

28 juillet 2026 13h25

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L’Argentine a profité d’une erreur du VAR, l’IFAB avoue qu’Embolo n’aurait jamais dû être expulsé

Crédit Photo - IconSport

L’instance qui écrit les règles reconnaît un usage abusif de la vidéo lors du Mondial, avec l’expulsion du Suisse contre l’Argentine comme cas d’école.

C’est une reconnaissance qui tombe trois semaines trop tard pour la Suisse. L’IFAB, l’organisme qui régit les lois du football, a admis dans une circulaire que le VAR avait été mal utilisé à plusieurs reprises durant la Coupe du monde 2026. Le cas le plus emblématique est celui de Breel Embolo, expulsé en quart de finale contre l’Argentine. Selon la clarification apportée par l’instance, l’attaquant helvétique n’aurait tout simplement jamais dû recevoir ce carton rouge. Une mise au point qui rouvre une plaie côté suisse.

Ce que dit précisément l’IFAB

La circulaire est sans ambiguïté sur le fond. Elle rappelle qu’un carton jaune, qui n’est pas un second avertissement, ne peut être revu par la vidéo que pour corriger une erreur sur l’identité du joueur fautif. La nature de la faute, elle, ne peut être ni revisionnée ni modifiée.

Autrement dit, le VAR pouvait intervenir pour désigner le bon coupable d’un geste, mais pas pour requalifier une action en simulation et inverser la sanction. C’est précisément cette limite qui a été franchie durant le tournoi.

L’instance précise que cet éclairage pourrait être pérennisé dans les futurs protocoles, sous réserve de validation. Une évolution qui s’ajoute aux nombreux ajustements réglementaires du moment, à l’image de la règle testée en Angleterre contre la perte de temps.

Le déroulé de l’action litigieuse

Retour sur la scène qui a fait basculer le match. En quart de finale à Kansas City, Leandro Paredes est d’abord sanctionné d’un carton jaune pour une faute sur Embolo. Mais le VAR intervient.

Après visionnage, l’arbitre portugais João Pinheiro annule l’avertissement de l’Argentin et le transfère à Embolo, estimant que le Suisse a simulé le contact. Déjà averti en première période, l’attaquant écope alors d’un second jaune, synonyme d’expulsion, à la 72e minute.

Les conséquences ont été lourdes. Réduite à dix alors que le score était de 1-1, la Suisse a fini par s’incliner 3-1 après prolongation. Une élimination que le sélectionneur Murat Yakin avait vivement contestée, dénonçant une faute selon lui inexistante.

Une erreur de procédure, pas forcément de jugement

Il faut toutefois nuancer la portée de cet aveu. Le problème pointé par l’IFAB est avant tout procédural : il n’y avait pas d’erreur sur l’identité du joueur sanctionné, puisque Paredes était bien l’auteur du tacle. Le VAR n’avait donc pas le droit d’intervenir pour requalifier l’action.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’Embolo n’a pas simulé, plusieurs ralentis ayant semblé accréditer cette hypothèse. Simplement, la règle en vigueur n’autorisait pas la vidéo à corriger ce type de situation. La sanction initiale aurait dû être maintenue.

Cette clarification vient allonger la liste des polémiques d’arbitrage de ce Mondial, déjà nombreuses, comme l’illustrait le parcours contrasté de l’arbitre de la finale. Pour la Suisse, la reconnaissance de l’erreur ne changera hélas rien au résultat.