Après la longue lettre du président de la FIFA vantant un Mondial parfait, Javier Tebas a répliqué sèchement, relançant une guerre ouverte entre les deux hommes.
La réponse n’a pas traîné. À peine Gianni Infantino avait-il publié sa longue lettre défendant l’organisation de la Coupe du monde 2026 que Javier Tebas est monté au créneau. Le président de la Liga, ennemi déclaré du patron de la FIFA, a qualifié ce message de « pathétique » sur le réseau social X. Une charge frontale qui dépasse le simple désaccord, tant les deux dirigeants s’opposent depuis des années. Retour sur un nouvel épisode d’une guerre qui n’en finit plus.
La réplique cinglante de Tebas
Le dirigeant espagnol n’a pas cherché la nuance. Il a d’emblée jugé « pathétique » la publication d’Infantino, diffusée sur son compte Instagram et sur les canaux de la FIFA, dans laquelle le Suisse fustigeait ceux qui auraient « propagé la haine ».
Tebas concède pourtant un point de départ commun : personne ne conteste que le football soit une affaire d’émotion et d’unité. Mais il refuse que les critiques soient assimilées à de la haine, y voyant au contraire une obligation démocratique.
Pour lui, la transparence et la reddition de comptes ne sont jamais hostiles, et une institution solide répond aux questions plutôt que de discréditer ceux qui les posent. Une pique directe à la posture adoptée par le président de la FIFA dans son message aux allures de règlement de comptes.
Une insinuation lourde de sous-entendus
Le président de la Liga est ensuite allé plus loin, sur le terrain du soupçon. Il a interrogé publiquement le timing de cette sortie, demandant à Infantino pourquoi un dirigeant consacrerait un message entier à discréditer ceux qui exercent un contrôle légitime.
Derrière cette question, une insinuation à peine voilée : et si cette communication défensive cachait quelque chose ? Tebas laisse planer le doute, sans étayer, sur d’éventuelles raisons profondes à ce besoin de se justifier.
Il faut toutefois rappeler qu’il s’agit là d’une interprétation personnelle du dirigeant espagnol, et non d’un fait établi. La FIFA, de son côté, défend un bilan qu’elle juge exceptionnel, malgré les polémiques d’arbitrage qui ont émaillé le tournoi, à l’image de celles entourant l’arbitre de la finale.
Une inimitié qui ne date pas d’hier
Cet échange n’a rien d’un incident isolé. L’animosité entre les deux hommes est ancienne et publiquement assumée. Dès 2017, Tebas avait comparé Infantino à Sepp Blatter, l’ex-président de la FIFA emporté par les scandales.
Plus récemment, le patron de la Liga a multiplié les attaques, dénonçant un « système vicié à la base » et le projet de porter le Mondial à 64 équipes en 2030. Selon lui, la FIFA sacrifierait l’écosystème du football, générateur de milliers d’emplois, au profit d’un événement de quelques semaines.
La Liga a d’ailleurs porté plainte contre la FIFA devant la Commission européenne, aux côtés d’autres ligues et du syndicat des joueurs, au sujet du calendrier. Ce nouvel accrochage confirme que la trêve n’est pas près d’être signée entre les deux camps.