Même Arsène Wenger a lâché Infantino, réunion d’urgence au maroc

Gabriel Gromellon

5 août 2026 12h04

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Même Arsène Wenger a lâché Infantino, réunion d’urgence au maroc

Crédit Photo - IconSport

Le directeur du développement du football à la FIFA s’est désolidarisé du projet abandonné, comme le numéro deux de l’instance.

Il s’était tu pendant une semaine entière. Mardi, Arsène Wenger a fini par sortir du silence, et ses mots ont fait l’effet d’un désaveu. Le directeur du développement du football mondial à la FIFA affirme n’avoir jamais été associé au projet d’ouverture aux investisseurs privés, dont il dit avoir découvert l’existence par la presse. Il juge son retrait « absolument nécessaire et incontestable ». Quelques heures plus tard, Gianni Infantino convoquait une réunion d’urgence de sa direction à Rabat, au Maroc.

Quatre départs en une semaine

L’Alsacien n’est pas le premier à prendre ses distances. Carlos Cordeiro, conseiller principal du président, a démissionné vendredi en dénonçant une mauvaise affaire pour le football.

Le Français Kévin Lamour, numéro trois de l’instance, a évoqué de son côté le projet d’un seul homme. Puis est venu Mattias Grafström, secrétaire général et donc deuxième personnage de la FIFA, dans un courriel adressé mardi à l’ensemble des salariés.

Le Suédois y décrit une semaine éprouvante et regrette une série d’événements qu’il qualifie de tristes et condamnables, tout en se félicitant de l’abandon définitif du projet. Ancien chef de cabinet d’Infantino en 2016, il occupe le poste de secrétaire général depuis mai 2024. Les appels au départ venus de l’extérieur se doublent donc d’une fronde interne.

Une réunion d’urgence à Rabat

La réponse d’Infantino tient dans un déplacement. Il a convoqué ce mercredi au Maroc son comité de direction au grand complet, avec Grafström, le chef de cabinet Daniel O’Toole, le directeur juridique Emilio García Silvero, le responsable des associations membres Elkhan Mammadov, la directrice des ressources humaines Kimberly Morris ainsi que les responsables des médias et de la communication.

Le lieu n’a rien d’anodin. Rabat accueillera en mars prochain le Congrès de la FIFA, où se jouera l’élection présidentielle. Infantino y bénéficie par ailleurs de la proximité de Fouzi Lekjaa, président de la fédération marocaine et l’un de ses appuis les plus solides.

L’objectif affiché de cette réunion n’a pas été communiqué. Selon le Times, il s’agirait pour le président de mesurer l’état réel de ses soutiens. Certaines fédérations continuent de se positionner au cas par cas.

Un silence qui dure

Infantino, lui, ne s’exprime plus depuis l’abandon du projet dans la nuit de vendredi à samedi. Aucune déclaration personnelle, aucune interview.

La FIFA a en revanche démenti sur les réseaux sociaux les informations de la presse américaine faisant état d’appels passés à l’administration Trump, qualifiant ces récits de pure fiction. Le département d’État avait déjà démenti tout entretien programmé avec le secrétaire d’État Marco Rubio.

Le prince Ali ben Al Hussein, président de la fédération jordanienne et ancien rival d’Infantino en 2016, a de son côté formulé des accusations de chantage à son encontre. Aucune réponse n’a été apportée à ce stade.

Le Congrès de Rabat, en mars, reste l’échéance qui déterminera son avenir.